Une vente aux enchères exceptionnelle s’est déroulée ce 1er janvier à Saint-Valéry en Caux, en Seine-Maritime. Près de 300 pièces étaient présentées, parmi lesquelles des œuvres de Picasso, et un carrousel centenaire. Le tout orchestré par le commissaire-priseur normand Bruno Roquigny.
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La traditionnelle vente aux enchères du 1er de l’an se déroule chaque année à Saint-Valéry-en-Caux, en Seine-Maritime. Mais ce 1er janvier 2026 restera dans les mémoires comme une vente exceptionnelle. Près de 300 objets étaient présentés aujourd’hui, dont des dessins de Picasso, un carrousel centenaire et des bijoux en or. De quoi attirer les habitués de la salle des ventes, et des acheteurs du monde entier.
« Pour la première fois de ma vie, j’ai des Picasso à vendre ! Un des lots merveilleux de cette vente est un petit livre dont la première page est dédicacée par Picasso à une jeune fille à l’époque, se réjouit Bruno Roquigny, le commissaire-priseur de cette vente remarquable, installé à Saint-Valéry-en-Caux depuis une trentaine d’années. « Elle est toujours vivante, c’est elle qui nous a donné ces tableaux et ces céramiques de Picasso pour cette vente du 1er janvier ».
La jeune fille d’alors est une dame aujourd’hui. Elle s’appelle Marie-Claude Michaud, et habite toujours dans la région de Rouen.
Les dessins ont été authentifiés par le comité Picasso dans les règles de l’art. Le lot dispose aussi de croquis que l’artiste dessinait sur ses paquets de cigarette.
Rassurez-vous maître, je n’ai pas de Picasso ! C’est la phrase que j’ai le plus entendue dans ma carrière, et là on en a huit pour le 1er janvier !
Bruno Roquigny, commissaire-priseur
Dans cet ensemble d’œuvres de Picasso, on trouve également une colombe en terre cuite, signée et dédicacée. Cette pièce unique est estimée entre 50 à 60 000 euros.
Les huit pièces proviennent de la même collection, celle de Laurent Casanova (ministre et haut dirigeant du parti communiste), et de sa belle fille Marie-Claude Michaud.
Bertrand Rouquigny nous a aussi fièrement montré sa pièce maîtresse : un carrousel forain datant de la fin du 19ème siècle. Un magnifique jouet à qui il ne manque pas grand-chose pour reprendre du service. « Là on entre dans la caverne d’Ali Baba. On a stocké là le manège qui est quasiment complet, il manque juste le moteur et le mécanisme sur lequel s’appuient les différentes parties. Il reste 28 animaux sur les 32, tous les panneaux décoratifs sont là, les barres de fer, les poutres en bois. C’est extrêmement rare en France qu’il passe des carrousels complets comme celui-ci. Il y en a un tous les 20 ans qui passe en vente » explique Bertrand Rouquigny.
Ce manège a été installé au pied de la tour Eiffel à Paris pendant plusieurs décennies, jusqu’à ce que sa propriétaire, à la fin des années 1970, décide d’arrêter de le faire tourner.
L’objet est rare, mais son potentiel acheteur aussi. « On a beaucoup de monde pour les Picasso, pour le carrousel, c’est plus compliqué ! » poursuit le commissaire-priseur. L’objet, rare, est estimé entre 50 000 et 80 000 euros.
Pour cette vente exceptionnelle, 1400 acheteurs ont fait leurs offres en ligne, via leur téléphone ou leur ordinateur, enchérissant aux quatre coins de la planète. Ce qui n’a pas empêché les amateurs locaux de se déplacer nombreux. Le spectacle est indiscutablement dans la salle, entre les facéties du commissaire-priseur et les acheteurs bon public.
À Saint-Valéry, on rit, et ça, ça n’a pas de prix.