l’essentiel
Sofiane, 27 mentions au casier, a commis un refus d’obtempérer de 40 km sur le périph de Toulouse, lundi soir. À la barre, se révèle un parcours de vie cabossé.

Il a donné des sueurs froides aux policiers et à tous les usagers dont son périple a été jalonné. Sofiane, 36 ans, comparaît détenu devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Lundi soir, pendant 40 km, ce chauffard sans ceinture a tenté de semer les forces de l’ordre qui voulaient le contrôler.

« On va pas se voiler la face… »

Agité dans le box, le verbe haut et pas toujours cohérent, il sait déjà ce qui l’attend. « On va pas se voiler la face. Bien sûr que je vais aller en détention avec ce que j’ai fait ». Son casier judiciaire porte trace de 27 mentions, dont une bonne moitié pour des délits routiers. Conduite sans permis, alcoolisée ou sous stups.

Lundi, il jouait les cumulards. Cocaïne, cannabis, un permis retiré en octobre. « J’étais chauffeur livreur depuis l’été. Quand j’ai perdu le permis, le patron m’a viré », peine-t-il à articuler. Trois enfants « qui vivent avec leurs mères » précise la présidente, l’alcool au quotidien, la drogue : 1 g de cocaïne et 10 g de shit par jour.

« Avec mon casier, vous voyez bien que je suis pas normal. Je suis fou. Ce que je veux, c’est oublier, mais quand je décuve, tout revient, la réalité, la souffrance ». Son enfance auprès d’un père violent l’a marquée au fer rouge. La relation avec sa mère est décrite comme « chaotique ».

« Une personnalité ambivalente »

« Pourtant avec vos CAP mécanique et maçonnerie plaquiste, cela devrait vous aider à trouver un travail », relève la présidente. Mais Sofiane ne veut que conduire. Et sans permis… Lors de son refus d’obtempérer, il a notamment percuté trois véhicules de police. Conscient que la sanction risque d’être lourde, il demande un délai pour être jugé.

« Sa personnalité est ambivalente. Il est capable d’être très respectueux et tout à coup de ne pas se contrôler. Sa consommation de stups est ancienne, ancrée. Il lui faut des soins. Et ce n’est pas à Seysses qu’il en aura », plaide son avocate, Me Margaux Bares-Boya. Affaire renvoyée en février. En attendant, Sofiane rejoint la maison d’arrêt de Seysses.