Le 27 décembre, le Corps des volontaires russes (RDK) avait annoncé que son commandant Denis Kapoustine avait été tué au front dans le secteur de Zaporijjia, dans le sud du pays, lors d’une attaque de drone russe. Les services de renseignement militaires ukrainiens (GUR) ont annoncé, jeudi 1er janvier 2026, que cette mort était fictive et faisait partie d’une « opération spéciale », menée pendant plus d’un mois.
« Félicitations pour ton retour à la vie, cela fait toujours plaisir », a déclaré le chef du GUR Kyrylo Boudanov, dans un échange par visioconférence avec Denis Kapoustine diffusée par ses services. Pour sa part, Denis Kapoustine s’est dit prêt à « retourner dans la zone des opérations » sur le front et à poursuivre le commandement de son unité.
Identifier les membres des services sercrets
Selon le GUR, la simulation de ce décès a permis d’identifier des membres des services spéciaux russes qui avaient mis à prix la tête de Denis Kapoustine et souhaitaient l’assassiner. « Nous avons également reçu la somme d’argent allouée par les services spéciaux russes pour accomplir ce crime », à savoir 500.000 dollars, a affirmé un responsable anonyme du GUR dans cette vidéo.
Figure connue du milieu hooligan et d’extrême droite en Russie, Denis Kapoustine a été accusé par le passé de défendre des idées néonazies. Connu sous plusieurs pseudonymes comme Nikitine ou White Rex, il s’est installé en Ukraine avant l’invasion russe de février 2022, où il y organisait des combats de MMA et possédait une marque de vêtements. Après avoir pris les armes pour combattre pour l’Ukraine, il avait notamment fait parler de lui au printemps 2023. Son unité avait alors mené des incursions frontalières en Russie.
Ce n’est pas la première fois que Kiev procède à ce type d’opération. Fin mai 2018, les services spéciaux ukrainiens avaient orchestré la « fausse mort » d’un journaliste russe opposé au Kremlin, Arkadi Babtchenko, pour, selon les autorités, empêcher une tentative d’assassinat de Moscou le visant. Les autorités ukrainiennes avaient simulé son meurtre pendant 24 heures en trompant la presse, une mise en scène qui avait alors été très critiquée.
24 morts près de Kherson
Quelques minutes avant cette révélation, la Russie a accusé, jeudi, l’armée ukrainienne d’avoir mené pendant la nuit de Nouvel An une attaque de drones dans la partie de la région ukrainienne de Kherson contrôlée par l’armée russe, faisant au moins 24 morts. Dans un communiqué, le Comité d’enquête russe a affirmé qu’un café dans le village de Khorly avait été touché par une attaque « massive » de drones ukrainiens.
La diplomatie russe a accusé Kiev de « torpiller consciemment toute tentative de recherche de solutions pacifiques au conflit » en menant ses attaques de drones. Elle a appelé les gouvernements étrangers et instances internationales à condamner « cet attentat sanglant » et à ne pas en être « complices » en « ignorant cette tragédie ». Les autorités ukrainiennes n’ont pour l’heure pas réagi à ces accusations.
Nouvelles rencontres attendues
Pour sa part, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé, jeudi, la Russie d’entamer la nouvelle année en poursuivant la guerre déclenchée en 2022 par son attaque à grande échelle de l’Ukraine. « La Russie entame délibérément la nouvelle année en poursuivant la guerre, en lançant plus de 200 drones » dans la nuit de Nouvel An, a-t-il indiqué sur les réseaux sociaux, ajoutant que les cibles étaient des infrastructures énergétiques.
Ces nouvelles déclarations font craindre un blocage de la situation alors que de nouvelles rencontres sont programmées dans les prochains jours pour parvenir à un arrêt du conflit le plus meurtrier sur le continent européen depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La première d’entre elles aura lieu, dès samedi, en Ukraine, avec des conseillers à la sécurité d’États alliés. Avant le sommet, prévu à Paris, la semaine prochaine.