« Ce n’est pas moi ! »: nouvelle bourde pour Léa Salamé face à Muriel Robin dans « Quelle époque ! »« Il faut finir par aimer qui l’on est »

« Ma mère n’avait pas le langage de l’amour, car elle ne l’avait pas connu enfant. C’était une époque où on n’était pas dans la démonstration comme aujourd’hui avec l’enfant roi » se souvient Muriel Robin. Vers douze-treize ans, elle se rend compte en allant chez ses amies que « les choses pouvaient être autrement, que les gens se disaient je t’aime. » Mais elle se rattrape, lucide : « Si ma mère avait été une autre, je n’aurais pas été la même, il faut finir par aimer qui l’on est. Ma mère était dure mais, à côté de cette rudesse, drôle, moderne, originale. Elle travaillait dans les chaussures de mode, elle était à l’avant-garde de tout. J’ai appris il y a six-sept ans que je n’étais pas l’enfant de mon père, mais de l’amant de ma mère, ça a éclairé complètement différemment le parcours de ma mère, et le mien. Je suis une bâtarde, mon sentiment d’illégitimité vient de là. »

Sa liberté, Muriel Robin l’a trouvée sur les planches avec ses spectacles humoristiques pionniers pour les femmes avec des sketches comme L’Addition (même si elle concède avoir fait du one woman show « par dépit, parce que le cinéma ne lui proposait rien » alors qu’elle remplissait des Zéniths), et sur petit écran dans des téléfilms à succès consacrés à des drames réels – de Marie Besnard l’empoisonneuse à Jacqueline Sauvage, graciée par François Hollande après le meurtre de son mari violent en 2016 – qui l’ont poussée à donner de la voix pour La Fondation des femmes. « Ce qui m’anime de plus en plus à l’avenir, c’est de donner aux autres. Avec mon épouse (la comédienne Anne Le Nen), je veux organiser ma vie en fonction de ça. L’autre en détresse me percute très fort, ça remonte à l’enfance. Je ne voudrais pas me décevoir sur le sujet des femmes, de l’empathie vers l’autre » note-t-elle. Son seul regret, que le cinéma l’ait exclue. Dans l’émission Quelle époque le 16 septembre 2023, elle avait dénoncé l’homophobie du milieu du cinéma dont elle a souffert en tant que lesbienne. « Je suis la seule actrice au monde à avoir dit son homosexualité » affirmait-elle alors, peut-être maladroitement.

Muriel Robin à l’honneur au Festival International du Film de Comédie de Liège« Il n’y a pas d’actrice lesbienne, il n’y a que moi »

On a eu envie de lui demander si, au vu de la hausse du nombre de réalisatrices lesbiennes ou de films avec des héroïnes lesbiennes, dont l’enjeu n’est pas forcément la sexualité (voir cette année la trilogie queer La Petite dernière d’Hafsia Herzi – Des Preuves d’amour d’Alice Douard – Love me Tender, d’après le récit de Constance Debré, à sortir en mars en Belgique), elle était plus optimiste sur la représentation des lesbiennes au cinéma. « Je ne suis pas optimiste. Les mentalités n’ont pas changé. Jodie Foster a été plus intelligente que moi, elle a attendu 40 ans avant de dire son homosexualité. » Selon elle, Kristen Stewart « passe à travers les gouttes parce qu’elle a été avec un homme avant, ça rassure le milieu qui continuera de choisir une hétéro face à une homo ». Et d’enfoncer le clou : « Il n’y a pas d’actrice lesbienne de ma stature, il n’y a que moi » soutient-elle, pour parler des actrices « qui font tourner la machine », réduisant, peut-être à tort, le cinéma au cinéma populaire mainstream français où effectivement « le seul » qui fait appel à elle, c’est « Christian » (Clavier, NdlR) qu’elle côtoyait dans Les Visiteurs 2. Muriel Robin a beau être aimée du grand public, sa blessure reste que le cinéma d’auteur la boude. « Quatre jours de tournage chez Klapisch, ça ne me suffit pas. Ne jamais être choisie par ses pairs, ça vous tue à petit feu. Je reste une enfant, je veux être choisie.  » C’est l’occasion avec La Pire mère au monde, de se rattraper.

Muriel Robin « insupportable », « exécrable » ou encore « flippante » sur le tournage de « LOL, qui rit sort » : « On a coupé la moitié des séquences avec elle »

La Pire mère au monde, Comédie De Pierre Mazingarbe Avec Louise Bourgoin, Muriel Robin, Gustave Kervern, Florence Loiret Caille… Durée 1h30

La Pire mère au mondeLa Pire mère au monde ©AngaLa Pire mère au mondeLa Pire mère au monde ©AngaLa Pire mère au monde afficheLa Pire mère au monde affiche ©Anga