Rayan O, un jeune habitant de Villepinte, en région parisienne, était seul au volant. Juste avant d’être arrêté, il avait dicté un message sur GSM: « Les condés viennent de sortir, bâtards ! ».
Un GSM qui n’était pas le sien: il a affirmé que « des gens » lui avaient donné l’appareil quelques minutes auparavant, dans un petit village situé juste à la limite de la France et de la Belgique. Ce vieil iPhone 7 devait lui servir de GPS pour conduire la voiture en Allemagne, l’adresse exacte devant lui être envoyée en cours de trajet via la messagerie Signal.
Par qui ? « Des personnes sont venues me chercher en Mercedes et m’ont conduit jusque dans le petit village, a-t-il expliqué devant le tribunal correctionnel. Ils m’ont donné la clé du Rav 4, qui était abîmée. C’était bizarre, on voyait la puce. »
D’après lui, il a alors demandé si la voiture était en ordre et on lui a répondu de ne pas paniquer, que les papiers étaient dans la boîte à gants. Et comme il décrit ses interlocuteurs comme « dangereux », il n’a pas posé plus de questions. Il devait recevoir 100 euros ce trajet jusqu’en Allemagne.
« Mon client avait 20 ans et était dans la dèche, a plaidé son avocat. Une personne qu’il connaît vaguement lui a promis un billet pour conduire une voiture de la frontière franco-belge jusqu’en Allemagne, il n’a pas vu nécessairement le mal. Quand on lui a donné la clé, il a réalisé que c’était bizarre. Mais on l’avait amené sur place, il a compris qu’il ne pouvait plus changer d’avis. »
Techniquement, le prévenu n’était pas poursuivi pour le vol commis à Waterloo: ce n’était pas lui. Quant au recel de la voiture, il a été commis à Mons, et le tribunal correctionnel du Brabant wallon n’est pas géographiquement compétent. C’est donc pour l’appartenance à une association de malfaiteurs qu’une peine de 12 mois avait été requise à son encontre.
Le tribunal s’est montré plus clément: il accorde la suspension du prononcé.