Une fois triés, les bouchons de liège sont conditionnés en sacs (également recyclés) puis expédiés au Portugal pour être transformés en granulés.

Une fois triés, les bouchons de liège sont conditionnés en sacs (également recyclés) puis expédiés au Portugal pour être transformés en granulés.

Fabien Cottereau / SO

Comme chaque semaine, les bénévoles d’Agir Cancer Gironde sont à l’ouvrage dans leurs locaux de Villenave-d’Ornon. La collecte réalisée génère un revenu intégralement reversé à la lutte contre le cancer. Depuis sa création, l’association a réalisé 390 000 euros de dons au profit de l’Institut Bergonié. Une somme en progression constante. « En 2006, on était à 1 900 euros. Là, on s’apprête à remettre 50 000 euros au titre de l’année écoulée. Un record ! » souligne Bernard Wallet, président de la structure. Un mur habillé de faux chèques symbolise les fonds engrangés au fil des vingt dernières années.

Bernard Wallet, président de l’association Agir Cancer Gironde.

Bernard Wallet, président de l’association Agir Cancer Gironde.

Fabien Cottereau / SO

22 millions de bouchons

Pour parvenir à ce résultat, Agir Cancer Gironde a récolté, trié et recyclé pas moins de 88 tonnes en 2025, soit 22 millions de bouchons. Autant de déchets qui ne partent pas à la poubelle, puis à l’incinération. « Mis bout à bout, ils correspondent à la distance entre Villenave-d’Ornon et Cannes », illustre le responsable.

Les sources d’approvisionnement sont locales à 90 %. Le solde est fourni par les départements voisins (Charente, Charente-Maritime, Lot-et-Garonne…). Industriels de l’embouteillage, châteaux viticoles, cavistes, restaurants, grandes surfaces et particuliers sont les principaux pourvoyeurs. Des centaines de points de collecte sont à la disposition du public.

Séparés des bouchons de liège, les bouchons synthétiques sont, eux, recyclés en Belgique.

Séparés des bouchons de liège, les bouchons synthétiques sont, eux, recyclés en Belgique.

Fabien Cottereau / SO

Loin devant le synthétique et l’alu, le liège représente la part essentielle avec 72 tonnes annuelles collectées. La matière est recyclée au Portugal, dans une usine du groupe familial Amorim. Premier producteur mondial de bouchons de liège, celui-ci est présent sur les cinq continents. Le siège social de la filiale française est situé à Eysines, dans la métropole bordelaise. Il est adossé à une usine spécialisée dans la finition et la commercialisation de bouchons neufs fabriqués dans la péninsule ibérique. Deux autres établissements industriels sont implantés près de Cognac et de Reims.

La France leader mondial

Lancée il y a dix ans, l’activité de récupération et de recyclage s’inscrit dans une logique d’économie circulaire. Le site ecobouchon.fr, porté par Amorim France, soutient cette dynamique. Récemment remanié, cet outil permet de localiser via une carte interactive l’ensemble des bornes de collecte déployées sur le territoire national.

« On récolte entre 15 et 30 % de bouchons jetés en France chaque année. L’objectif est de monter à 50 % »

Agir Cancer Gironde n’est pas la seule association partenaire. D’autres acteurs participent à la moisson. Grâce à ce maillage, la France recycle entre 350 et 400 tonnes de liège par an, ce qui la place sur la plus haute marche du podium mondial. « On peut néanmoins s’améliorer », admet Franck Autard, directeur général d’Amorim France et président de la Fédération française de liège. « On récolte entre 15 et 30 % de bouchons jetés en France chaque année. L’objectif est de monter à 50 %. » Le goulot d’étranglement n’est pas tant dans la faculté de traiter que dans la capacité de collecter. De nouveaux moyens sont testés, en particulier dans certaines villes de l’agglomération lyonnaise où des systèmes d’urnes sont greffés sur des bornes à verre.

Franck Autard, directeur général d’Amorim France.

Franck Autard, directeur général d’Amorim France.

O. D.

650 euros la tonne

L’industriel rémunère l’activité à hauteur de 650 euros la tonne. Ce montant permet de payer le travail des associations et de couvrir les frais de transport. Sise au Portugal, une usine prolonge le cycle de vie du matériau récolté via un process de trituration qui retransforme les bouchons en granulés. Pour faire quoi ?