Avec le froid qui s’est installé, les chaudières tournent à plein régime dans les maisons et les appartements bretons. Et avec elles, les pannes et autres pépins techniques, qui nécessitent l’intervention d’installateurs croulant sous les appels. À Montgermont (35), à côté de Rennes, la petite entreprise Retropac, qui a développé une pompe à chaleur géothermique, en sait quelque chose. « Nous avons eu plus de 100 demandes d’installations rien qu’en décembre », indique son président, Anthony Rocton, qui dénombre traditionnellement une trentaine d’installations par mois. « On le sait : notre activité est très saisonnière, c’est lorsqu’il fait froid que l’activité est la plus intense », ajoute le dirigeant.

L’homme a créé sa société en février 2023, après une vingtaine d’années à travailler pour d’autres entreprises du secteur des pompes à chaleur. « J’ai été confronté plusieurs fois à des gens avec des pompes à chaleur géothermiques vieillissantes, fonctionnant non pas avec de l’eau mais avec un gaz frigorigène. En cas de panne, on ne pouvait pas leur proposer autre chose que changer toute l’installation et renoncer à leur plancher chauffant et leur capteur thermique dans leur jardin », rembobine Anthony Rocton. Les pompes à chaleur des années 2000-2010 utilisent des gaz aujourd’hui interdits et les fabricants ne proposent souvent plus de solutions de réparation.

Rétrofit

Face à ce problème, Anthony Rocton a décidé de « créer sa propre solution » en misant sur le « rétrofit ». L’idée : proposer une pompe à chaleur qui ne nécessite pas de changer de capteur thermique et de plancher chauffant, où l’ancien gaz est remplacé par un nouveau fluide compatible avec les normes européennes à l’horizon 2030. « Il y a donc un intérêt à la fois écologique et financier, car on s’épargne de gros travaux pour tout changer », vante le patron de Retropac, selon lequel « refaire un chauffage central dans une maison de 120 m² représente un budget moyen de 25 000 euros contre environ 10 000 euros avec la solution Retropac ».

Une levée de fonds pour accélérer

Commercialisée depuis septembre 2023, la solution bretonne a été installée dans plus de 200 foyers à ce jour. Mais Retropac ne compte pas s’arrêter là et vise 1 200-1 300 pompes à chaleur installées par an d’ici cinq ans. Pour y parvenir, l’entreprise a annoncé en novembre une levée de fonds de 500 000 € – sa première – auprès de la société d’investissement rennaise Kreizig Invest et du Crédit agricole Ille-et-Vilaine expansion. De l’argent frais qui lui permettra d’augmenter ses capacités de production pour répondre à toutes les demandes et recruter pour structurer davantage l’activité. L’effectif devrait ainsi prochainement passer de cinq à huit salariés autour du dirigeant : « Nous allons pouvoir accélérer ».