La crise de la viticulture se mesure désormais dans les tribunaux. En 2025, le nombre de procédures au tribunal judiciaire de Bordeaux a explosé, témoigne Angélique Quesnel, magistrate en charge des procédures collectives au tribunal judiciaire de Bordeaux.
Le désespoir des agriculteurs, Angélique Quesnel le constate « toutes les semaines » lors de ses audiences de procédures collectives au tribunal judiciaire de Bordeaux. Selon la magistrate, les viticulteurs sont « de plus en plus nombreux » à atterrir devant elle. « En 2022, on avait à peu près 70 ouvertures de dossiers par an, cette année nous avons 238 ouvertures. Sachant que ces ouvertures concernent toutes les entreprises, il n’y a pas que des agriculteurs, mais qu’ils représentent à peu près 75 % à 80 % de ces ouvertures. »
Ce sont souvent « des petits viticulteurs », des propriétés familiales. « Mais il peut y avoir, au vu du contexte économique, de plus en plus d’ entreprises de taille moyenne et parfois, des gros châteaux ».
« On essaye de maintenir l’activité »
Ces viticulteurs sont confrontés à des difficultés « qui parfois peuvent exister depuis plusieurs années. Souvent des dettes auprès des organismes bancaires, mais aussi pour des cotisations sociales, notamment auprès de la MSA. Quand ils viennent devant le tribunal des procédures collectives, c’est qu’ils sont en situation très critique ».
« Le tribunal judiciaire ne va pas forcément ouvrir une liquidation judiciaire », veut-elle rassurer. « Au contraire, on essaie de maintenir l’activité. Et c’est pour ça qu’il faut qu’il intervienne le plus tôt possible. Dès qu’ils sentent qu’ils sont en situation de tension, il faut intervenir et demander au tribunal la protection ». Un conciliateur peut être nommé pour les « aider à trouver des échelonnements des dettes, même parfois des remises de dettes. C’est pour ça qu’il est important d’arriver le plus en amont possible des difficultés ».