Un jour, en préparant un cours sur l’histoire de la cartographie pour ses élèves de la Sorbonne, Alain Sauter s’aperçoit qu’il n’existe plus aucune manufacture artisanale de globes sur le territoire français depuis les années 1960. Il décide alors, quelques mois plus tard de quitter l’enseignement pour changer de métier et apprendre à fabriquer lui-même un globe à la main. Après plusieurs mois de recherches, il finit par fonder officiellement son entreprise en 2017, d’abord seul, avant d’embaucher sa première salariée en 2019.
Aujourd’hui son entreprise Globe Sauter & Cie compte cinq employés et propose des globes terrestres et célestes aux esthétiques variées. Tous néanmoins ont un point commun : chaque étape de fabrication est faite à la main dans les ateliers de l’entreprise à Besançon, de la sculpture de la sphère à la peinture des cartes en passant par le dessin et le collage. Un savoir-faire retrouvé qui permet de redonner de la poésie et de la magie à ces objets habituellement produits à la chaîne comme l’explique Alain Sauter :
« Ils ont vocation à être des objets utilitaires, mais cela ressemble de plus en plus à des objets d’art, et je dirais presque que c’est tant mieux. Cela ressemble un peu à un bijou, à un miroir de notre planète. On va ramener énormément de poésie car un globe comme ça, ce n’est plus du tout une encyclopédie comme à l’époque quand on avait les globes dans les salles de classe. Aujourd’hui, on a tous un téléphone, une connexion internet et une cartographie extrêmement détaillée de n’importe quel bout du monde. Et ce qui reste au globe, c’est cette capacité de pouvoir nous faire voyager de manière immobile, de pouvoir se balader avec le bout du doigt. »