Publié : 8h21 – Modifié : 8h39 Dolorès CHARLES

SAMUL’épidémie de grippe est bien présente, et son pic pourrait être atteint ces prochains jours. Conséquence, les passages à l’hôpital sont plus nombreux, tout comme les appels au SAMU. Etat des lieux avec Louis Soulat, responsable du SAMU 35.

L’épidémie de grippe poursuit sa progression en France, touchant tous les âges, avec un niveau d’intensité qui augmente à l’hôpital, alors qu’il demeure « modéré » en ville, a annoncé mercredi dernier Santé publique France. Résultat, les appels au SAMU sont très nombreux.

Or dans les Côtes-d’Armor, les assistants de régulations sont en grève depuis mardi dernier. L’activité est importante aussi en Ille-et-Vilaine et pour Louis Soulat, responsable du SAMU 35 : « au niveau des appels SAMU, il y a énormément d’appels en lien avec les symptômes grippaux. Le deuxième impact, c’est sur le nombre de patients hospitalisés pour des problèmes respiratoires liés à la grippe. C’est en très forte augmentation avec une saturation des services dans toute l’agglomération rennaise. On a énormément de patients qui ont besoin d’être hospitalisés et qui ont besoin d’oxygène.

 

« En Ille-et-Vilaine, on enregistre une hausse de 30% des appels ! »

 

On a à peu près 30% d’augmentation des appels par rapport à la semaine équivalente de l’année dernière entre les fêtes. Donc, c’est très conséquent parce que l’épidémie est précoce. On n’est pas loin du pic, certainement et il va y avoir la phase de plateau. Ce n’est pas habituel et ça pose énormément de problèmes pour mobiliser les ressources soignantes et médicales sur cette période« .

Louis Soulat, responsable du SAMU 35 Louis Soulat, responsable du SAMU 35

Crédit : Noëlline Garon

Les cas sont de plus en plus nombreux dans l’Ouest, et cela ne va pas s’arranger avec la grève des médecins la semaine prochaine : « d’une part, l’offre de soins va être moins importante, alors qu’on sera en pleine épidémie, c’est un peu le paradoxe, et d’autre part, les médecins généralistes qui participent à la régulation au sein des SAMU, il y a un risque important qu’ils ne soient pas à leur poste, et qu’on ne puisse pas les mobiliser dans le cadre d’une réquisition d’un journée.

 

Cela « va se compliquer » avec la grève des médecins lundi prochain

 

La journée ou la nuit, il n’y a pas de problème parce que la permanence des soins est reconnue comme une mission de service public. Mais l’organisation en journée n’est pas reconnue comme une mission de service public. On a sollicité l’ARS pour que cette grève ait le moins d’impact possible sur nos activités. »

La grève des médecins libéraux doit démarrer lundi (5 janvier), et pourrait durer jusqu’au 15 janvier.

Louis Soulat, responsable du SAMU 35 Louis Soulat, responsable du SAMU 35 Vaccin contre la grippe

En attendant pour le SAMU 35, la priorité « est de décrocher tous les appels au 15, parce qu’en parallèle, on demande aux gens d’appeler le 15 avant de se déplacer aux Urgences, donc ça fait un surcroît d’appels, en plus de ceux liés à l’épidémie de grippe. On demande aux patients d’appeler le 15 et on fait un décroché rapide pour essayer d’identifier les cas les plus graves. Et c’est pour ça qu’on a deux lignes de régulation, une régulation par les urgentistes, une régulation par les médecins généralistes.

 

Les demandes de soins priorisées en appelant le 15

 

Pour ce qui est des appels moins urgents qui peuvent être traités en différé par un conseil ou par un accès à la consultation, ce sont ces appels-là pour lesquels il y a un retard pour la solution proposée, notamment pour trouver une solution de consultation en ambulatoire, et les patients peuvent être appelés après une heure, deux heures, après le premier appel, en sachant que le premier appel a été fait pour qualifier la demande et prioriser les prises en charge. »

Louis Soulat, responsable du SAMU 35 Louis Soulat, responsable du SAMU 35 Louis SOULAT

Louis SOULAT

Crédit : Yann Launay

Lors de la semaine achevée le 28 décembre, la grippe a progressé « dans l’ensemble des régions, toutes en épidémie », sauf La Réunion. Cette aggravation de l’épidémie a entraîné une activité « d’intensité élevée » à l’hôpital avec 18.552 passages aux urgences, notamment pour prendre en charge des enfants de moins de 15 ans et des personnes de plus de 65 ans. La grippe a été à l’origine de 3.606 hospitalisations (soit 4,8% de l’ensemble, contre 3,4% la semaine précédente).

 

Une reprise de l’épidémie après les congés est possible

 

En ville, l’épidémie grippale est globalement « modérée », avec des évolutions divergentes selon l’âge. Elle reflue chez les moins de 15 ans, « probablement en lien avec la période de congés scolaires », qui réduit les brassages, mais reste à un niveau d’intensité élevée chez les 65 ans et plus.

L’Institut estime que l’épidémie pourrait avoir atteint son pic au cours de la dernière semaine de 2025 mais « la possibilité d’une reprise de l’épidémie après les vacances de Noël, ou plus tard dans la saison hivernale, ne peut être exclue à ce stade », prévient l’Institut Pasteur.