Quel est pour vous le fait marquant de l’année 2025 ?

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Quel est pour vous le fait marquant de l’année 2025 ?

Pour notre association, c’est d’abord un anniversaire : les quatre ans de la structure nationale basée à Lyon. Depuis sa création, nous avons accompagné plus de 7 000 étudiants en cumul. Localement, le fait majeur est la création de notre délégation bordelaise. J’ai été rejointe par deux bénévoles très impliqués dans le tissu associatif et universitaire : Hans Kremers et Alain Escadafal.

Sur un plan plus général, mon « électrochoc » reste la rentrée de septembre 2025. Les chiffres publiés par les associations étudiantes sont alarmants : un quart des étudiants vit sous le seuil de pauvreté. C’est une précarité qui s’installe et s’accentue.

Quelle est votre personnalité de l’année 2025 ?

Il est difficile de ne pas citer Gisèle Pelicot, devenue un symbole international avec ce mantra : « La honte doit changer de camp. » Dans un registre lié à la jeunesse, je retiens aussi Miel Abitbol, cette jeune femme de 17 ans qui a créé l’application Lyynk pour la santé mentale des jeunes. Elle fait preuve d’une résilience et d’un courage admirables face au harcèlement.

Quel est votre coup de cœur ?

C’est assez atypique, mais c’est l’élection de la dernière Miss France. Elle a utilisé sa notoriété pour parler de santé mentale, brisant un tabou. C’est un sujet crucial car la précarité alimentaire et l’isolement social vont de pair. Voir une figure aussi exposée porter ce message m’a touchée.

Quel est votre coup de gueule ?

Mon coup de gueule vise le grand bazar politico-budgétaire et l’instabilité gouvernementale. Cela paralyse les politiques sociales. La réforme des bourses étudiantes a été stoppée nette. Quand l’État ne vote pas de budget, les collectivités locales perdent en visibilité et gèlent leurs aides. Certaines associations bordelaises de distribution de repas ont même dû fermer boutique faute de moyens. À Bordeaux, je pense à l’association Un Espoir solidaire, qui distribuait notamment des repas aux étudiants. C’est la France de demain qu’on ne nourrit plus.

Qu’attendez-vous de l’année 2026 ?

Une véritable prise de conscience de nos élus face à la détresse de la jeunesse étudiante qui souffre de la précarité. Je lance un appel aux candidats des municipales de 2026 dans la métropole, notamment dans les villes étudiantes : Bordeaux, Pessac, Talence, Gradignan ou Mérignac. Il faut du personnel, des budgets et surtout des locaux dédiés. Beaucoup de petites associations galèrent pour entreposer des dons faute de mètres carrés.