Le président vénézuélien Nicolas Maduro a ouvert la porte à des négociations avec Washington en pleine escalade des tensions entre les deux pays.

PEDRO RANCES MATTEY / AFP

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a ouvert la porte à des négociations avec Washington en pleine escalade des tensions entre les deux pays.

Prêt à tout pour éviter une confrontation militaire avec les États-Unis, le président vénézuélien Nicolás Maduro a ouvert la voie à des négociations avec Donald Trump ce jeudi 1er janvier lors d’une interview télévisée.

« Cela peut être un sujet dont nous parlerons dans quelques jours. Très certainement, nous pourrions discuter d’ici quelques jours », a ainsi affirmé auprès de la chaîne publique VTV en répondant à la question « Votre gouvernement n’a ni confirmé ni démenti cette information (d’attaque terrestre). Que pourriez-vous nous en dire à ce sujet ? ».

Une question liée au fait que le président américain avait affirmé lundi dernier que les États-Unis avaient détruit une zone de mise à quai utilisée par des bateaux accusés de participer au narcotrafic au Venezuela. Ce qui serait la première attaque terrestre américaine sur le sol vénézuélien.

Dans sa réponse complète, le chef d’État vénézuélien a toutefois pris soin d’éviter de confirmer ou de démentir l’attaque américaine sur ces installations portuaires. « Ce que je peux te dire, c’est que le système de défense nationale a garanti et garantit l’intégrité territoriale, la paix du pays et l’usage et la jouissance de tous nos territoires. Notre peuple est en sécurité et en paix », a-t-il ajouté à l’adresse du journaliste espagnol Ignacio Ramonet à qui il accorde tous les ans une interview diffusée par la chaîne publique.

Nicolás Maduro a aussi indiqué qu’il n’avait pas eu de deuxième conversation téléphonique (depuis celle de novembre) avec le président Trump, tout en répétant qu’il était toujours « prêt » à discuter avec Washington.

Caracas sous pression américaine

« Le gouvernement des États-Unis le sait, parce que nous l’avons dit à nombre de ses porte-parole : s’ils veulent discuter sérieusement d’un accord de lutte contre le narcotrafic, nous sommes prêts ; s’ils veulent du pétrole du Venezuela, le Venezuela est prêt pour des investissements américains, comme avec (le groupe pétrolier américain) Chevron, quand ils le veulent, où ils le veulent et comme ils le veulent », a également lancé le président vénézuélien.

« Aux États-Unis, ils doivent savoir que, s’ils veulent des accords intégraux de développement économique, ici au Venezuela aussi ! Et je l’ai dit mille et une fois », a-t-il insisté, rappelant la coopération récente entre les deux pays sur l’expulsion de migrants vénézuéliens vers leur pays, un thème prioritaire pour Donald Trump.

« Ce qui s’est passé sur la question des migrants, parce que nous étions parvenus à un accord (…) Tout fonctionnait parfaitement, et il y a trois semaines, les autorités du gouvernement des États-Unis ont renoncé à continuer d’envoyer des migrants au Venezuela », a fait remarquer le dirigeant sous pression. Il faut dire que les États-Unis ont déployé une flottille de guerre dans les Caraïbes et ont durci les sanctions pétrolières contre le pays, saisissant au moins deux bateaux transportant du brut vénézuélien.

Depuis, Donald Trump a évoqué à plusieurs reprises la possibilité d’une intervention américaine dans le pays, accusant au passage Nicolás Maduro d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic. Ce que l’intéressé dément formellement, accusant de son côté Washington de vouloir le renverser pour s’emparer des réserves de pétrole du pays, les plus grandes de la planète.