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Le rugby est une affaire de famille pour Mathias Jean, jeune rugbyman du SU Agen. Depuis le début de la saison, sa famille et surtout son père Jérôme, ancien joueur et entraîneur de rugby, ont parcouru des milliers de kilomètres depuis leur Vaucluse d’origine pour assister aux matchs de Pro D2 de l’arrière.

Mathias Jean avec sa famille lors du match Agen-Aurillac.

Mathias Jean avec sa famille lors du match Agen-Aurillac.
Photo – Fournie par famille Jean

Derrière chaque sportif professionnel, il y a une famille qui vit par procuration la carrière de son enfant. Celle de Mathias Jean, qui a récemment effectué ses premiers pas chez les pros avec le SU Agen, en est une parfaite illustration. « Quasiment tous les week-ends, ils viennent me voir. Parfois, ils font plus de mille kilomètres aller-retour. Je suis très reconnaissant, car mes parents me suivent depuis tout petit. Les voir après les matchs, même après une défaite, ça fait du bien. C’est un vrai soutien. » Pour le dernier match du SU Agen de l’année 2025, le 19 décembre contre Aurillac au stade Armandie, toute la famille Jean avait fait le déplacement en Lot-et-Garonne pour voir Mathias, titulaire avec le numéro 15 dans le dos, s’imposer avec le Sporting et planter deux essais. Même sa petite sœur, étudiante, était du voyage.

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Dans les tribunes, un fidèle spectateur est toujours au rendez-vous : son père, Jérôme Jean. Ancien rugbyman de niveau fédéral (*) et coach (**), ce directeur commercial de métier est un véritable fada de la balle ovale. « Mon père est très rugby, toute la famille baigne dans ce sport », affirme Mathias Jean. « Mon beau-frère, mes neveux, tout le monde joue au rugby. Mon beau-frère, c’est Loïc Bagnol, passé par Toulon et Hyères-Carqueiranne, et qui a été capitaine de Châteaurenard. C’est une vraie famille de rugby », abonde le paternel.

« J’ai vu tous les matchs, sauf celui à Vannes »

Pour la première saison dans le monde professionnel de son fils, il essaye d’assister à toutes les rencontres de Pro D2 du SUA, à Armandie comme à l’extérieur. Alors, plusieurs fois par mois, il fait la route entre l’Isle-sur-la-Sorgue dans le Vaucluse, là où il réside et travaille, et les villes de Pro D2. À Agen, Angoulême, Biarritz, Nevers, Colomiers, Carcassonne ou encore Valence-Romans, il était dans les travées. « Depuis le début de la saison, je les ai tous vus, sauf celui à Vannes. Onze heures de route, pas de train direct… C’était trop compliqué d’un point de vue logistique. Jusqu’au dernier jour, j’étais prêt à y aller. Mais finalement, je l’ai regardé à la télévision. » Chaque fin de semaine où la deuxième division est programmée, Jérôme Jean prend sa voiture et parcourt des centaines de kilomètres. La Pro D2 étant majoritairement dans l’ouest, les trajets aller-retour sont souvent longs.

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« On enchaîne les bornes, c’est clair, déclare Jérôme Jean. Mais il faut en profiter. Une carrière pro, c’est court. On fait des sacrifices, mais on sait pourquoi. On s’arrange, on dort parfois chez des amis à mi-chemin, comme les parents de Gabin et Romain Pujo (***) avec qui on est très proches. On a aussi une fille à Montpellier pour ses études, donc on fait le lien entre les deux. On loge aussi dans un hôtel partenaire du SUA. On a nos petites habitudes. C’est un budget. Mais quand on aime, on ne compte pas. » Sonia, la maman de Mathias, essaye, elle aussi, de venir voir son rugbyman de fils dès qu’elle peut. « On s’organise selon les jours de match, explique Jérôme Jean. Les vendredis, c’est plus simple pour elle. Les jeudis, c’est plus compliqué. Elle est venue à Biarritz, qui était le déplacement le plus long pour nous. On a fait plus de six heures de route. »

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Cette assiduité au stade n’est pas nouvelle pour Jérôme. « J’ai toujours suivi Mathias. Tous les week-ends, tous les mercredis. J’étais entraîneur, donc toujours dans le milieu. Quand il est parti en espoirs à Montpellier, on a continué à aller le voir naturellement, comme une famille de rugby. J’ai d’ailleurs arrêté de coacher au moment où il est allé au MHR pour le suivre. »

« À Provence, on sera une armée de l’Isle-sur-la-Sorgue »

C’est également un moyen de rendre la pareille à son fils, qui le suivait également partout quand lui était joueur. « Mathias me suivait sur les terrains, c’est normal que je le suive aujourd’hui. Le samedi, je venais le voir jouer, et le dimanche, c’est lui qui venait. Il était là à tous mes matchs, à tous mes entraînements. Il avait toujours un ballon dans les mains. Il jouait, il butait. Quand je suis devenu coach, il voulait venir voir les rencontres de mes équipes et s’investir avec les joueurs. Quand je suis revenu à l’Isle-sur-la-Sorgue pour entraîner, il était toujours dans les vestiaires avec nous, sur les photos de victoire… »

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En 2026, Jérôme Jean va continuer d’écumer les enceintes de Pro D2. Avec un déplacement qu’il attend particulièrement, celui à Aix-en-Provence contre Provence Rugby. Car l’enfant prodige sera de retour au pays. Et les Vauclusiens seront en nombre dans les tribunes du stade Maurice-David, le 27 février prochain. « On sera une armée, sourit Jérôme Jean. Les anciens du club de l’Isle-sur-la-Sorgue vont prendre une loge. Toute la famille et les amis veulent venir. Les copains de Mathias seront là. Il y aura du monde. Ça va être un super moment. »

(*) Boxeland Club Islois XV (BCI XV) en Fédérale 3 ; Bédarrides et Châteaurenard en Fédérale 1 ; Le Pontet en Fédérale 2. (**) BCI XV en Régionale 1, puis montée en Fédérale 3 ; le RC Pernes-les-Fontaines en Régionale 2. (***) Gabin Pujo est joueur des espoirs du SUA et Romain Pujo joue à Fleurance et est passé par Montauban. Ce sont tous les deux de bons amis de Mathias Jean.