Le nombre de migrants débarqués sur les côtes britanniques à bord de petites embarcations est le deuxième plus élevé enregistré depuis le 2018.
L’an dernier, 41 472 migrants ont entrepris la traversée de la Manche depuis la France. C’est le deuxième nombre le plus élevé après le record de 45 774 enregistré en 2022, selon les données du ministère britannique de l’intérieur. Ces traversées occasionnent de nombreux naufrages. Au moins 29 migrants ont péri en mer pendant l’année écoulée.
« Arrêter les bateaux »
La hausse du nombre des arrivées est une mauvaise nouvelle pour le gouvernement du Premier ministre, Keir Starmer, qui a pris ses fonctions en juillet 2024 et qui est confronté à la montée du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage.
Ce dernier caracole en tête des sondages d’opinion depuis plusieurs mois et compte capitaliser sur l’impopularité de l’exécutif pour engranger de nouveaux succès aux élections locales de mai prochain.
Le précédent gouvernement, celui conservateur de Rishi Sunak, avait promis, sans succès, d’« arrêter les bateaux ». Keir Starmer s’est quant à lui engagé à « démanteler les gangs » de passeurs, sans plus de résultats jusqu’à présent.
Retour forcé
L’exécutif travailliste a annoncé une série de mesures restrictives en matière d’immigration et de droit d’asile, alors que les demandes d’asile ont atteint un niveau record : plus de 110 000 sur la période octobre 2024-septembre 2025.
Il a conclu l’été dernier avec la France un accord consistant à renvoyer vers ce pays les migrants arrivés à bord de petites embarcations, en échange de l’accueil par le Royaume-Uni, dans le cadre d’une voie d’admission légale, de migrants se trouvant sur le territoire français.
Ce mécanisme, contesté par les organisations de défense des droits humains, n’a pour l’instant pas dissuadé les candidats aux traversées. Il a jusqu’ici débouché sur le retour forcé vers la France de 153 personnes et l’admission par le Royaume-Uni de 134 autres, selon les données communiquées du Home Office.