Depuis le mercredi 31 décembre, des places d’hébergement supplémentaires ont été ouvertes dans un gymnase à Grenoble. À la suite du déclenchement du plan grand froid, les associations se démènent pour accueillir les sans-abri.
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Débuter 2026 au chaud et à l’abri. Une solution « assez humaine » vécue par une soixantaine de sans-abri à Grenoble. À la suite du déclenchement du plan grand froid par la préfecture de l’Isère, 80 places d’hébergement supplémentaires ont été ouvertes dans le département.
Alors pour accueillir toutes les personnes dans le besoin, l’association Ajhiralp a dû rappeler en urgence une quinzaine de ses membres, bénévoles et salariés, pendant les fêtes. À Grenoble, il a fallu monter 60 lits de camp dans un gymnase prêté par la Ville et préparer des kits d’hygiène. « Les gens à la rue n’attendent pas », justifie Jean-Yves Balestas, président de l’Ajhiralp.
Dès 18 heures, ce lieu d’accueil de nuit temporaire est opérationnel. Familles, hommes et femmes sont les bienvenus pour passer la nuit au chaud. Un dispositif salué par une sans-abri isolée qui remercie les services de l’Etat et les associations de lui permettre de « ne pas être exposée aux risques de la rue » en dormant dans ce gymnase en toute « sécurité ».
Après avoir passé son réveillon du Nouvel an à l’abri, cette jeune albanaise espère que cette opération sera « renouvelée » prochainement.
Accueillis le temps de la nuit, les sans-abri doivent chaque matin retourner dans la rue où d’autres ont choisi de rester même par -5 degrés. Alors pour leur apporter un peu de réconfort, les maraudes se multiplient avant l’heure du coucher. « Depuis que tu m’as caressé ça va beaucoup mieux ! », s’exclame un sans-abri blessé au doigt, qui ne perd pas son sens de l’humour à l’arrivée d’une infirmière et d’un coordinateur du Samu social de l’Isère.
Malgré ce lien social toujours bien présent, le groupe de sans-abri a refusé de se rendre au gymnase ouvert en cette période de grand froid. « On s’adapte. […] On a les couvertures, on a les chiens, ça tient chaud », explique Flo.

Le Samu social de l’Isère assure des maraudes 6 jours sur 7.
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© FTV
Durant leur maraude, les bénévoles expliquent croiser en grande majorité des hommes isolés dans les rues. « Se remettre entre quatre murs, dans un environnement qui est forcément très régulé de par la promiscuité, c’est quelque chose qui peut leur faire vraiment violence. On essaye de le travailler avec eux. […] Quand on a passé des années à la rue, c’est une perspective qui peut effrayer », raconte Thomas Thoirain, coordinateur du Samu social 38.
Dans les prochains jours, les prévisions météo annoncent des températures encore baisse. Le plan grand froid devrait donc rester activé encore quelque temps. Mais à l’issue de celui-ci, des dizaines de sans-abri devront retourner dans la rue où « ils sont dans la survie », s’alarme Thomas Toirain.