Par

Julien Sournies

Publié le

2 janv. 2026 à 17h41

C’est une première victoire dans la « bataille » pour le maintien de la production des sirops de la marque Teisseire à Crolles (Isère). Alors que son site de production isérois doit fermer ses portes en avril prochain en l’absence de repreneur, les quelque 205 salariés menacés de licenciement peuvent encore nourrir de l’espoir, à la faveur d’une récente décision du tribunal judiciaire de Grenoble abondant dans son sens. Explications.

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La justice ordonne la suspension du « plan de continuation de l’activité » en Normandie

Le 23 décembre 2025, le tribunal grenoblois a en effet annoncé la suspension du « plan de continuation de l’activité » engagé par Carlsberg, propriétaire de la marque de sirop, à l’automne dernier.

Depuis le piquet de grève planté par une bonne partie de ses salariés le 9 octobre dernier – lequel est par ailleurs toujours d’actualité – Carlsberg a donc décidé de confier la sous-traitance temporaire de sa production à la société normande Slaur-Sardet, basée en Seine-Maritime.

Mais les magistrats ont finalement soutenu la requête formulée par la CGT et le Comité social et économique (CSE) de l’entreprise, en interdisant la poursuite de la production en Normandie. En cause ? Les plaignants avaient dénoncé l’absence d’information du CSE avant la décision de mise en œuvre du plan de continuation d’activité.

Selon les requérants, la poursuite de la production chez un sous-traitant constituait par ailleurs une atteinte au droit de grève qu’exercent les salariés.

Teisseire ne conteste pas l’absence d’information

D’après le tribunal grenoblois, la société Teisseire « ne conteste pas n’avoir mis en place aucune procédure d’information et de consultation du CSE lors de son élaboration ».

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Il est de jurisprudence constante que l’absence de consultation du CSE, lorsqu’elle est légalement obligatoire, est constitutive d’un trouble manifestement illicite.

Tribunal judiciaire de Grenoble

Comme indiqué par le tribunal, la cessation de la sous-traitance doit être effective à compter du 3 janvier 2026, sous peine d’une amende de 10 000 euros par jour. La direction devra également s’acquitter d’une pénalité de 3 000 euros auprès du CSE et de 3 000 euros auprès de la CGT.

Dans un communiqué publié ce lundi 29 décembre, la fédération CGT Agroalimentaire se félicite d’« une bataille gagnée » face au « plan des patrons voyous de Carlsberg ». Devant ce signal positif envoyé par la décision des magistrats, les grévistes et syndicats vont continuer de tout mettre en œuvre pour que les sirops Teisseire soient encore et toujours « produits à Crolles et à aucun autre endroit », car « la marque est Grenobloise et doit le rester ».

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