Par

Magali Vogel

Publié le

2 janv. 2026 à 17h39

Ils sont en colère, désabusés, parfois même résignés. Depuis le mois d’août 2025, les médecins libéraux alertent : si les mesures sanitaires prévues dans le PLFSS (projet de loi de financement de la sécurité sociale) 2026 ne sont pas revues, ils entreront en grève. Un mouvement national, prévu du lundi 5 au jeudi 15 janvier 2026, qui touchera Toulouse comme l’ensemble du territoire.

Une grosse mobilisation à prévoir à Toulouse

Le Budget de la Sécu ayant été adopté mi-décembre, la mobilisation devient effective et ses conséquences devraient se faire sentir pour les patients.

À partir du 5 janvier, de nombreux médecins traitants fermeront leurs cabinets, tandis que les chirurgiens poseront le bistouri, entraînant la paralysie de plusieurs services dans le privé. À Toulouse, des établissements comme les cliniques Rive Gauche, Croix du Sud ou Ambroise-Paré pourraient fonctionner au ralenti. Les services d’urgences du CHU continueront d’assurer les urgences vitales, mais risquent d’être fortement sous tension en raison d’un afflux massif de patients, malgré l’absence de grève au sein de leurs effectifs.

Des mises sous objectifs inacceptables 

La majorité des praticiens dénonce notamment la mise sous objectifs de leur activité, ainsi que le déremboursement de certains actes et soins. À travers cette grève, ils entendent défendre leur éthique, leur déontologie et, plus largement, la qualité de la prise en charge des patients.

Parmi les mesures contestées, les médecins traitants vont être contrôlés sur le nombre d’arrêts de travail prescrits par patient et s’exposer à des sanctions financières en cas de dépassement des quotas fixés. Par ailleurs, les actes et médicaments prescrits par des médecins de secteur 3, non conventionnés, ne seraient plus remboursés.

Vidéos : en ce moment sur ActuDouble peine pour les médecins retraités

Le cumul emploi-retraite est également remis en cause. Cela signifie que les médecins retraités peuvent continuer à exercer, mais les revenus tirés de leur activité seront désormais déduits de leur pension. Une mesure qui touche particulièrement les dermatologues. En Haute-Garonne, on compte environ 80 dermatologues en exercice, dont une majorité de retraités. Dans un contexte de désert médical déjà marqué, la remise en cause du cumul emploi-retraite pourrait aggraver encore la pénurie de soins dans cette spécialité.

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Un exil pour ne pas être réquisitionnés

Pour échapper aux réquisitions et frapper fort, une partie des médecins libéraux a choisi de s’exiler temporairement en Belgique. À ce stade, plus de 2 500 praticiens sont concernés, avec un départ prévu le 11 janvier et un retour annoncé le 14 janvier au soir.

Faut-il alors s’inquiéter de l’ampleur du mouvement à Toulouse ? Les habitants pourront-ils encore consulter un médecin ? « Le mouvement va être étonnamment très suivi », prévient Jean-Christophe Calmes, médecin généraliste et président de l’URPS Médecins Libéraux Occitanie. « Aujourd’hui, on estime que 30 à 50 % des médecins généralistes pourraient être en grève dans la région. »

Une situation tendue à Toulouse

La Ville rose pourrait être particulièrement touchée, l’offre de soins reposant largement sur le secteur privé. « La fermeture de nombreux établissements privés pendant plusieurs jours va accentuer des difficultés déjà existantes », alerte Jérôme Marty. « Ces derniers temps, une partie de l’activité des urgences publiques était reportée vers le privé. Début janvier, ce sera l’inverse, et cela risque de saturer le système. »

Du côté du SAMU 31, ce vendredi, aucune directive spécifique n’a encore été reçue par l’ARS Occitanie pour faire face à la grève prévue à partir de lundi. Le CHU de Toulouse continuera toutefois d’assurer la prise en charge des urgences vitales. En cas de problème de santé, il est recommandé de contacter le 15, afin d’être orienté vers la solution la plus adaptée.

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