Par

Fabien Binacchi

Publié le

2 janv. 2026 à 18h07

La Mairie de Marseille, loin de l’exemplarité affichée sur la condition animale ? Après avoir annoncé l’abandon, en 2023, de méthodes controversés pour limiter les populations de pigeons, incluant stérilisation chirurgicale et gazage, la deuxième ville de France continuerait à en capturer, alerte Paz, une association de défense des animaux. « Scandaleux », dénonce-t-elle. La mairie répond.

Risque d’« ailes cassées » et d’« épuisement »

Malgré la création d’une charte du bien-être des animaux, en 2024, et la nomination d’une délégation spéciale qui « veille au respect [de leurs] droits », la collectivité phocéenne ne respecterait pas ses « engagements » concernant les pigeons.

« En avril 2023, la mairie de Marseille avait affirmé […] avoir cessé de tuer les pigeons suite aux révélations de Paz » à l’époque, rappelle l’association dans un communiqué. Sauf que, selon des documents et même des factures que la municipalité lui a transmis ces derniers jours, la municipalité « capture à nouveau » ces volatiles.

« Nous apprenons que la mairie commandite des interventions de captures par lance-filets et cages, indique Paz. Les captures en elles-mêmes sont violentes pour les pigeons. Avec des filets, certains pigeons sont blessés (ailes cassées). Avec les cages, certains meurent d’épuisement dans les cages. Dans les cages, les pigeons sont parfois abandonnés à leur sort, sans eau ni nourriture ou abri pour les protéger des intempéries. »

« Il n’y a en aucun cas de maltraitance animale »

Dans la deuxième ville de France, leur présence, en nombre, soulèverait de nombreuses problématiques. Sur son site Internet accessible au public, la municipalité souligne ainsi que « la surpopulation des pigeons en ville, estimée à 80000, engendre des conséquences néfastes sur l’environnement, telles que la dégradation des infrastructures, des nuisances sonores, mais peut aussi provoquer des risques sanitaires. »

La mairie serait-elle donc revenue à d’anciennes méthodes pour limiter les conséquences de la présence de ces oiseaux ? Sollicitée par actu Marseille, elle répond par la voix de Christine Juste, adjointe (Les Écologistes EELV) en charge de l’environnement, mais aussi la biodiversité terrestre et de l’animal dans la ville entre autres délégations. Et c’est un « non » ferme, contrairement à des informations toujours disponibles en ligne.

pigeons marseille site
Un extrait d’une page Internet du site officiel de la Ville de Marseille fait toujours état de capture aléatoire de pigeons et de stérilisations chirurgicales qui n’ont plus court, selon la mairie. (©Capture d’écran marseille.fr)

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« Il y a deux ou trois ans, nous avons stoppé toute euthanasie et stérilisation chirurgicale, ces dernières pouvant provoquer des crises cardiaques. Il n’y a plus non plus de capture aléatoire de pigeons », réaffirme l’élue auprès de notre rédaction.

Les cages sont éventuellement utilisées pour évacuer et relâcher à l’air libre des oiseaux qui se seraient introduits dans des bâtiments municipaux, écoles, musées ou autres, que nous avons besoin de ces cages. Elles ne sont pas utilisées pour euthanasier ou stériliser. Concernant les filets, en huit ans, ils n’ont jamais été utilisés. Il n’y a en aucun cas de maltraitance animale.

Christine Juste

Des « pigeonniers contraceptifs »

La ville, qui lutte également contre le nourrissage sauvage, qui fait pulluler l’espèce, dispose en effet de 9 de ces « pigeonniers contraceptifs ». Ils sont notamment installés dans les parcs du 26e centenaire – Jean-Claude Gaudin (10e), Maison Blanche (9e), Bagatelle (8e), Colline Puget (7e), Chanot (8e), Mirabelle (11e) Borély (8e) ou encore Pastré (8e).

Neuf pigeonniers contraceptifs sont installés dans des parcs municipaux
Neuf « pigeonniers contraceptifs » sont installés dans des parcs municipaux (©Ville de Marseille)

« Ces cabanes, composées chacune de cent cases nichoirs, peuvent accueillir 100 couples de pigeons », précise la Ville. « Ils nidifient et y déposent leurs œufs. Et nous en stérilisons un sur trois en les secouant ou en les couvrant d’huile. Ce qui permet de limiter les populations sans maltraitance », vante encore Christine Juste.

Les cages de capture peuvent également être utilisées pour installer certains binômes dans ces pigeonniers, reconnaît l’adjointe. Un moyen de motiver d’autres animaux à investir aussi les lieux. Un procédé « superflu et stressant pour les oiseaux », dénonce Paz.

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