Le magazine Der Spiegel met en avant un nouveau phénomène : la “miniretraite”. Cette nouvelle façon, pour les jeunes salariés, de rythmer leur carrière est “une phase de plusieurs mois pour s’éloigner de la routine, sortir du quotidien et prendre du recul sur sa vie professionnelle”. Courte (de trois à douze mois), régulière, et parfois vécue à l’étranger, elle s’inscrit dans une tendance croissante : se ménager des parenthèses pour mieux durer.

L’expatriation temporaire apparaît au cœur de ces projets. Nombre de candidats choisissent l’Asie du Sud-Est, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande, attirés par un coût de la vie moindre ou par la promesse d’un environnement culturel différent. L’hebdomadaire met toutefois en garde : hors de l’Union européenne, il faut souscrire une assurance santé privée complète, et en Allemagne, “dès qu’un mois s’écoule sans salaire, les employés doivent financer eux-mêmes l’assurance maladie et l’assurance dépendance”. Une contrainte budgétaire importante, qui pousse les candidats à planifier minutieusement leur séjour.

Les spécialistes interrogés par le magazine recommandent de bâtir un plan financier précis incluant une épargne, une estimation des dépenses sur place, la sous-location éventuelle de la résidence principale ou la mobilisation d’un compte épargne-temps. L’enjeu est aussi économique que professionnel :

“L’employeur doit comprendre que vous poursuivez votre projet de miniretraite avec la même rigueur que votre travail.”

Présenter un projet structuré – apprentissage linguistique, bénévolat, formation, immersion culturelle – augmente les chances d’obtenir un congé sans solde sans fragiliser sa position.

Au-delà de la gestion administrative, Der Spiegel insiste sur la valeur introspective de cette pause. Loin d’être une parenthèse oisive, elle permet d’explorer d’autres manières de travailler et de vivre ailleurs : “Une pause n’est pas un luxe mais une étape de croissance personnelle et professionnelle.” Un instrument d’équilibre, à l’heure où les trajectoires professionnelles se fragmentent.