Bien que le feu de cheminée soit, comme à chaque fin d’année, dans le top tendance de Netflix, le contenu brûlant est à chercher également du côté des films. Et dans le cas présent, plus précisément dans les dernières acquisitions de la plateforme de streaming, car oui, un long-métrage cartonne actuellement sur le service SVoD et ce n’est pas une œuvre maison.

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Sur Netflix, ce thriller va vous glacer le sang en ce début d'année !© Universal Pictures

En 2024 (déjà deux ans, que le temps passe vite, nous qui nous pensions encore en 2025), le réalisateur et scénariste James Watkins (Black Mirror, Eden Lake, Bastille Day et le prochain Clayface) s’attaque au remake d’un film danois sorti deux ans plus tôt, Speak No Evil, que l’on pourrait traduire chez nous par « ne dis rien de mal ». Pour camper sa figure centrale, le cinéaste fait appel à l’un des rois des rôles troubles, James McAvoy. Le bonhomme y est délicieusement terrifiant, mais on en parle après une pause publicitaire.

L’histoire de Speak No Evil

Louise (Mackenzie Davis) et Ben (Scott McNairy) ont emménagé à Londres récemment avec leur fille Agnes (Alix West Lefler). En vacances, cette famille américaine sympathise avec un couple britannique, Paddy (James McAvoy) et Ciara (Aisling Franciosi), accompagnés par leur jeune fils mutique, Ant (Dan Hough).


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Suite à l’invitation de ces derniers, Louise, Ben et Agnes les rejoignent le temps de quelques jours dans leur maison, isolée à la campagne. Mais très rapidement, les choses dégénèrent et le cauchemar commence…

La courtoisie du Diable

Ayant commencé à se faire un nom avec le thriller sociétal (Eden Lake), il n’est pas surprenant de voir James Watkins renouer avec son premier amour dans Speak No Evil. Ici, toute l’horreur de l’œuvre repose sur la dissociation entre l’apparente affabilité des hôtes et la noirceur qui commence à s’échapper de leurs craquèlements. Oui, le film porte un propos, celui du danger de la courtoisie feinte, de l’hypocrisie et d’une certaine image de la masculinité.

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Si, pour les amateurs d’action, le film peut sembler démarrer sur sa dernière demi-heure, les amateurs de thriller paranoïaque, eux, apprécieront le rythme imposé par Watkins qui entend jouer sur le long terme. L’important n’est pas ce qui s’y passe, mais l’atmosphère qui s’en dégage. C’est par petites touches que l’angoisse devient invasive, que l’homme affable et accueillant dévoile sa nature monstrueuse. Dès lors, on ne peut s’empêcher de nous demander à quel moment il est trop tard, à quel moment aurions-nous décelé le piège ? Avant qu’il ne se referme ? Nous aimons tous le croire, et pourtant.

C’est là que le scénario de Watkins prend son sens, dans la fascination provoquée par Paddy, notamment auprès de Ben. Il y a de l’animalité dans le propos, de la soumission dans l’écoute, une sorte d’imagerie du mâle dominant camouflant un mal dominateur, muselant ses proies, psychiquement ou physiquement. Speak No Evil est une caricature des schémas sociaux qui entend en révéler toutes les dérives par le biais du portrait angoissant.

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On a particulièrement apprécié le crescendo du film parce qu’on sait que les choses vont mal tourner, tout en étant incapable de prédire quand. Cela donne lieu à des séquences particulièrement suffocantes où l’on sait que le sourire peut précéder l’acte violent à tout moment dans des situations mettant nos personnages, et le spectateur, dans une position extrêmement inconfortable. Prisonnier, mais incapable de refuser cette prison offerte avec tellement « de gentillesse ». Speak No Evil est la dissection d’une mécanique d’emprise et de son fonctionnement. Et c’est parce qu’il paraît finalement si réel, du moins dans sa majeure partie, qu’il réussit son objectif.

On peut saluer la force d’une Mackenzie Davis cherchant à sauver sa famille d’un danger interne et externe, l’écrasement coupable d’un Scott McNairy tout en refoulement, l’ambiguïté d’une Aisling Franciosi ou le jeu muet et pourtant féroce du jeune Dan Hough. Toutefois, il est évident que l’ensemble de l’oeuvre repose sur les épaules solides de James McAvoy. L’ancien fondateur des X-Men est un habitué des rôles troubles, notamment parce qu’il en a incarné plus d’un au sein des seuls Split et Glass.

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Dans Speak No Evil, il peut être à la fois doux et prévenant, dangereux et sociopathe. On adore le voir incarner deux visages d’un même homme sans se défaire de son sourire ou de son regard animal. Il a une physicalité qui s’impose d’elle-même, à la caméra comme à ses partenaires, donnant le sentiment qu’il occupe la pièce de son ombre, y compris lorsqu’il n’est pas présent.

L’acteur était un excellent choix pour le rôle et il faut admettre que c’est peut-être ainsi qu’on l’apprécie plus, en méchant de service. Le Diable se cache dans les détails et James McAvoy parvient à incarner chacun de ces détails avec une franche malice. Et c’est lorsque les masques tombent que, justement, le long-métrage rentre dans des clous peut-être trop convenus. Comme de par hasard !

Si vous avez été déçus par la fin de Stranger Things, ne partez pas encore de Netflix, il y a encore du bon sur la plateforme !

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