Le schéma directeur vélo (SDV) établi pour cinq ans par Brest métropole, en 2020, touchait à sa fin en décembre 2025. L’occasion pour l’association Brest à pied et à vélo (Bapav) d’en tirer un bilan plutôt mitigé, « malgré un net essor du nombre de cyclistes ». Dans un communiqué, elle relève « de fortes insuffisances de la part de Brest métropole depuis 2020 ».
« Beaucoup des engagements pris restent encore au stade d’ébauche : sécurisation des carrefours, continuité des itinéraires, promotion d’une culture vélo… »
Quelques victoires
Bapav souligne tout de même quelques réussites : 1 380 supports de stationnement ont vu le jour sur la période et Bibus met désormais à disposition quelque 1 000 vélos à assistance électrique (VAE) accessibles en location longue durée, contre 150 en 2020.
Un budget insuffisant ?
Dans les points noirs, l’association pointe un manque de transparence sur les sommes engagées pendant ces cinq années : « On voit bien que près de 10 M € ont été dépensés pour le vélo en cinq ans : plus de 5 M € sur le plan vélo et plus de 4,3 M € dans le cadre de Mon réseau grandit. Mais ce qui avait été avancé, c’était 10 M € pour le plan vélo », soutient Gwendal Quiger, chargé de projet pour Bapav.
« Ce manque d’investissement se reflète également au travers des faibles résultats du Baromètre vélo 2025. Brest y obtient une note de D, qui n’évolue pas depuis 2021 et qui reste inférieure à la moyenne nationale. Parmi les six critères évalués, c’est le manque de sécurité qui est dénoncé par les usagers, avec une note moyenne de 2.83/5 (E). »
+ 240 % de passages cyclistes
Brest métropole a toutefois rempli son principal objectif : élever la part modale du vélo à plus de 4 % des déplacements. Aujourd’hui, elle est d’environ 5 %, contre 1,5 % en 2020, avec une augmentation de 240 % du nombre de passages cyclistes en moyenne.
Dans le cadre de Mon Réseau grandit, on a créé 14 km de pistes cyclables sécurisées. On n’a pas juste donné des petits coups de peinture.
L’association décorrèle toutefois, au moins en partie, les actions menées de la hausse du nombre de cyclistes : « De nombreux facteurs circonstanciels ou sociaux sont [aussi] à prendre en compte, tels que l’impact de la pandémie de covid-19 ou encore l’augmentation des temps de trajet en voiture et en bus liée aux travaux de Mon réseau grandit ».
« On doit faire mieux mais on a déjà fait beaucoup »
Vice-président de Brest métropole en charge des mobilités, Yohann Nédélec répond : « Évidemment, on doit faire mieux. Mais on a déjà fait beaucoup. Il faut intensifier cette démarche. C’est pour ça que je milite pour des budgets plus conséquents : 10 M€ sur cinq ans pour transformer une ville en pleine mutation, ce n’est pas suffisant ».