Une figure du monde culturel nancéien s’est éteinte discrètement le 17 décembre. Jean-Claude Maire, cofondateur du New Orleans Preachers, a en effet tiré sa révérence, à l’âge de 81 ans. Né le 17 juin 1944, il grandit à Nancy, élevé par sa mère et sa grand-mère. Très tôt, il fait preuve d’indépendance et de courage : dès l’âge de 14 ans, il se lance dans la vie professionnelle. Il enchaîne de nombreux emplois, comme garçon de café, employé de bureau à la fonderie de Pont-à-Mousson, vendeur de voitures puis d’engins de chantier.
À 18 ans, en 1962, il participe à la fin du conflit de la guerre d’Algérie en tant que projectionniste, une expérience marquante de sa jeunesse. Mais la musique est le véritable moteur de sa vie. Batteur autodidacte, Jean-Claude Maire apprend seul, guidé par l’écoute, le ressenti et la passion.
Vice-président du NJP
En 1965, à la suite de la séparation du groupe Wild Cats, il cofonde le New Orleans Preachers , notamment aux côtés de Gilles Pernet et Étienne Florentin. Ce groupe deviendra une référence incontournable de la scène musicale nancéienne. En 2025, le groupe aurait célébré ses 60 ans d’existence.
Très engagé dans la vie culturelle locale, Jean-Claude Maire est vice-président du Nancy Jazz Pulsations de mars 1976 à décembre 1983, contribuant activement à l’essor et au rayonnement du jazz à Nancy. Bien avant cela, dans sa jeunesse, il organisait déjà des concerts, notamment aux Blue Note, affirmant très tôt son rôle de rassembleur et de passeur culturel.
Une grande famille
Au fil des années, il se produit sur de nombreuses scènes et festivals. Il continuera longtemps à jouer, notamment au parc de la Pépinière et au parc Sainte-Marie à Nancy. Au début des années 1992, il remet au goût du jour les parades inspirées de la Nouvelle-Orléans, qu’il fait revivre dans toute la ville de Nancy, laissant une empreinte festive et musicale durable.
Sa vie est aussi profondément marquée par sa famille. Marié une première fois, il devient père d’Alain (1965), Thierry (1967), Pascal (1968) et Dominique (1970). En 1985, il rencontre celle qui deviendra la mère de ses plus jeunes enfants. De cette union naissent Vincent en 1986, puis Aurore en 1994, et enfin Clotilde en 2002.
La passion de la musique
Jean-Claude Maire a également joué un rôle essentiel dans la transmission musicale. Il a soutenu, repéré et encouragé de nombreux jeunes musiciens, leur faisant confiance, les aidant à se lancer et à reprendre le flambeau. Beaucoup doivent aujourd’hui leur parcours musical à son regard bienveillant et à son engagement.
Nombreux sont ceux qui disent que, lorsqu’il s’approchait de sa batterie, il se passait quelque chose. Une énergie particulière, une présence, une âme. Parmi les anecdotes restées dans les mémoires, celle de sa batterie perdue sur l’autoroute lors de la tempête de 1999 fait encore sourire.
Jean-Claude Maire s’est éteint le 17 décembre 2025, en plein hiver, bouclant la boucle d’une vie commencée en été. Il a été accompagné une dernière fois par une fanfare, à la manière de la Nouvelle-Orléans, fidèle à ce qu’il était : un homme de musique, de partage et de transmission.
Nos condoléances.