Une inquiétude palpable. Alors que la Bulgarie a rejoint, ce jeudi 1er janvier, la zone euro et est devenue le 21e pays à adopter la monnaie unique européenne, cette intégration est plutôt vue d’un mauvais oeil. En effet, certains redoutent que celle-ci favorise l’inflation et entraîne encore davantage d’instabilité politique. Selon la dernière enquête d’opinion de l’agence de sondage de l’UE Eurobaromètre, près de la moitié (49 %) des Bulgares sont opposés à la monnaie unique. Mais les gouvernements successifs ont poussé l’adoption de l’euro afin de dynamiser l’économie du pays le plus pauvre de l’Union européenne.

Auprès de l’AFP, Bilyana Nikolova, 53 ans, qui tient une épicerie dans le nord-ouest de la Bulgarie, en est certaine : «Les prix vont augmenter. C’est ce que m’ont dit des amis qui vivent en Europe occidentale». L’inquiétude est notamment de mise dans les zones rurales pauvres. Toutefois, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a relativisé les changement de prix, estimant qu’ils seraient «modestes et de courte durée».

La tendance était à la hausse avant l’entrée effective dans l’euro

Le parlement a renforcé cet été les organes de contrôle chargés d’enquêter sur les hausses significatives des prix, et ainsi freiner une éventuelle flambée «injustifiée» liée au passage à l’euro. Mais la tendance était déjà à la hausse avant même l’entrée effective dans l’euro puisque les prix des denrées alimentaires avaient augmenté de 5% sur un an en novembre, d’après l’Institut national de statistique.

Quant à l’immobilier, il s’est mis à croître de 15,5% au deuxième trimestre, soit trois fois plus que la moyenne dans la zone euro. Malgré tout, selon Georgi Angelov, économiste senior à l’Open Society Institute de Sofia, cette entrée dans la zone euro permettra aux consommateurs et aux commerçants de comparer les prix à ceux pratiqués dans le reste de l’UE.