l’essentiel
Le célèbre défi Dry January mobilise de nombreux Toulousains dès ce début d’année. Ces volontaires visent une meilleure santé physique ou des économies financières. Quel sera l’impact réel sur leur consommation durable ?

Après les excès, modérés ou non, des fêtes de fin d’année, certains se lancent un défi : celui de s’abstenir de toute boisson alcoolisée durant le mois de janvier. De quoi commencer 2026 sous les meilleurs auspices. Appelée « Dry January », l’expérience, d’origine britannique, existe désormais dans une douzaine de pays.

La Dépêche a interrogé les participants au Dry January sur leurs motivations.

La Dépêche a interrogé les participants au Dry January sur leurs motivations.
DDM illustrations – ELISE SANTAMANS TABARLY

À Toulouse aussi, certains se motivent, comme Kévin, 47 ans, qui tente le coup pour la deuxième fois. « L’année dernière, je n’ai pas réussi à tenir, confie-t-il. Mais cette fois, je serai plus discipliné. L’âge aidant, on s’aperçoit beaucoup plus des dégâts. Les lendemains de soirées, tout est plus éprouvant. »

Une consommation diminuée toute l’année

Mais le Dry January n’est pas réservé qu’à une certaine génération, loin de là, comme en témoigne Elina, 20 ans. Cette dernière s’est lancée, en janvier 2025, pour des raisons de santé. Depuis, elle n’a plus retouché à ces boissons. « Je faisais des crises d’angoisse à chaque fois que je buvais. Au début, c’était difficile, car c’était une contrainte, mais j’ai rapidement vu les bénéfices : on profite davantage des événements festifs, et on dépense moins », relate la jeune Toulousaine.

À lire aussi :
« Le sans-alcool n’est plus vécu comme une punition » : le pari réussi du caviste toulousain Soft & Curious

« Il n’y a pas de public type, confirme Nicolas Navarro, psychiatre-addictologue au CHU de Toulouse. C’est une démarche de prévention aux populations générales, pour tous ceux qui ont un usage d’alcool habituel et souhaitent entamer une réflexion. »

Cette motivation a conduit Alice, 26 ans, a tenté l’expérience l’année dernière. « Je voulais simplement faire un bilan sur ma consommation, tester mes capacités. Et ça s’est avéré plutôt facile et positif. Maintenant, je ne commande plus automatiquement de l’alcool », témoigne-t-elle. D’après l’étude « JANOVER », six mois après janvier, 58 % des participants au Dry January, continuent à moins boire qu’avant.

Double bénéfice pour les fumeurs ?

« Au bout de quatre semaines déjà, les personnes retirent un sentiment positif sur leur santé physique, mais aussi sur leur bien-être mental avec un effet sur l’humeur, l’anxiété, le sommeil, le poids, etc. », explique l’addictologue. Marguerite, 29 ans, qui pratique le Dry depuis trois ans, l’a constaté : « Ça m’a permis de me rendre compte que je dors beaucoup mieux sans alcool. »

Autre bénéfice pour les fumeurs : une diminution du tabac. « J’associe beaucoup la cigarette aux moments où je bois de l’alcool, donc j’attends aussi du Dry January une pause, voire un arrêt définitif du tabac », indique Olivier, 35 ans. « Ces deux usages sont en effet liés, précise Nicolas Navarro. Il n’y a pas de règle, mais diminuer l’un, peut faire diminuer l’autre. »

À lire aussi :
Nathan Menou, le « sobrelier » qui révolutionne les accords sans alcool à la Maison Pellestor Veyrier

Selon le professionnel, il faut rester « assez souple dans ses objectifs ». « L’idée n’est pas forcément de stopper durant toute la période, mais réduire, s’interroger sur la place que ça prend dans sa vie, sortir des réflexes d’usages, c’est déjà un gain. » Ne pas se mettre trop la pression donc, et surtout, savoir se féliciter. « J’en ai retiré une grande fierté, ajoute Marguerite. C’est important de savoir qu’on en est capable, malgré l’impact social et addictif. »