Admirateur ? Détracteur ? Ou plutôt déséquilibré ? Diverses questions se posent après l’interpellation d’un homme, vendredi à Paris, soupçonné du vol de l’épée de la statue équestre de Jeanne d’Arc, place Saint-Augustin (VIIIe arrondissement).
Le suspect a été placé en garde à vue, a-t-on appris de source proche du dossier, confirmant une information de l’AFP. Les faits se sont produits ce vendredi 2 janvier, aux alentours de 10 heures. L’homme, dont on ignore l’âge, se serait approché de la statue de Jeanne d’Arc érigé sur la place.
Adjointe à la mairie chargée du patrimoine, Karen Taïeb a visionné les images de vidéosurveillance ayant capturé les faits : « On voit l’homme secouer violemment le cheval, avant d’escalader la statue et casser l’épée d’un coup sec, à mains nues. » L’arme s’est alors cassée en « quelques morceaux ».
Arrêté l’épée à la main
Selon les premiers éléments portés à notre connaissance, l’homme serait ensuite reparti dans une rue adjacente, l’imposante épée dans la main… avant qu’une patrouille de police qui passait par là ne l’interpelle quelques instants plus tard. Le butin — endommagé — a alors pu être récupéré.
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L’individu a ensuite été placé en garde à vue dans les locaux du commissariat du VIIIe arrondissement. Un examen de comportement du suspect doit être mené pour vérifier s’il est atteint de troubles psychiatriques. La mairie du VIIIe va porter plainte. Contacté sur ce dossier, le parquet de Paris n’a pas répondu à nos demandes.
Quelques heures après les faits, la statue est toujours délestée de son épée : il n’en reste que le manche, brandi dans les airs. L’histoire fait sourire ce serveur d’un bistrot voisin, loin de se douter de la raison de la « présence de policiers autour de la statue ce matin ». Il poursuit, hilare : « Mais il voulait faire quoi avec ? »
Bientôt réparée ou reproduite
Karen Taïeb explique qu’une évaluation des dégâts sur l’épée de bronze va être menée dans les prochains jours, afin de savoir si elle peut être réparée. Dans le cas contraire, elle sera reproduite à l’identique. « Quoi qu’il en soit, Jeanne d’Arc va retrouver son épée », promet l’adjointe à la mairie, qui évoque un « incident rarissime ». Cette statue équestre, propriété du musée d’Orsay mais « en dépôt » à la Ville de Paris, avait été rénovée en 2021. Elle est l’œuvre du sculpteur français Paul Dubois et date de la fin du XIXe siècle.
Ce n’est pas la première fois qu’une statue de Jeanne d’Arc présente à Paris fait parler d’elle. En 2019, celle de la place des Pyramides (Ier), dorée, avait été au cœur d’une polémique, certaines voix d’extrême droite faisaient état du drapeau vandalisé, alors qu’il n’avait été que retiré pour réparations.