La mairie a décidé de réduire de 120 à 90 jours par an la location de résidence principale pour lutter contre la crise du logement.

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Publié le 03/01/2026 09:23

Temps de lecture : 3min

Un graffiti sur lequel on peut lire "Airbnb dehors" dans le quartier du Panier à Marseille, le 10 novembre 2023. (NICOLAS TUCAT / AFP)

Un graffiti sur lequel on peut lire « Airbnb dehors » dans le quartier du Panier à Marseille, le 10 novembre 2023. (NICOLAS TUCAT / AFP)

Marseille durcit encore le ton contre les Airbnb. Depuis le 1er janvier, les locations de courtes durées sont limitées à 90 jours par an pour les résidences principales, comme c’est le cas à Paris. Un moyen de lutter contre l’explosion des meublés touristiques dans une ville qui subit une crise du logement et qui compte environ 40 000 taudis. Dans certains quartiers du centre-ville, il est devenu très difficile de se loger pour les locaux alors que l’on trouve près de 13 000 Airbnb à Marseille.

Pour se rendre compte de la prolifération de l’application dans la ville, il suffit de tendre l’oreille dans le quartier du Panier, à côté du Vieux Port. « Vous n’entendez que des valises roulées tout le temps. Il y a eu un réel impact sur le quartier parce que c’est devenu un peu un petit Montmartre. Quand vous voulez vous loger ou vivre ici, on fait ça devient hyper compliqué », explique Caroline, une habitante de ce quartier autrefois populaire, devenu très touristique.

Les loyers ont fortement augmenté dans plusieurs arrondissements du centre-ville, les riverains se plaignent des nuisances causées par les locataires d’Airbnb. « Il y a le bruit, les valises à roulettes dans les escaliers la nuit ou le matin tôt, ou les fiestas qui se font dans des appartements loués pour l’occasion, énumère Patrick Amico, adjoint au maire de Marseille, en charge du logement. On a des tas de récriminations qui remontent par des courriers, par des mails, par des plaintes de la part de riverains qui n’en peuvent plus des problématiques d’utilisation abusive des résidences de tourisme. »

Limiter la location des résidences principales à 90 jours est donc un moyen supplémentaire de lutter contre ces nuisances. Depuis un an, la mairie de Marseille oblige aussi tous ceux qui louent une résidence secondaire en Airbnb, à proposer un autre appartement en location longue durée dans le même quartier. Elle a également créé une brigade de contrôle et organise des patrouilles pour scier les boites à clés qui fleurissent sur le mobilier urbain.

Autant de restrictions qui ont découragé Marie, propriétaire d’un appartement qu’elle loue depuis plusieurs années près de la plage : « Je vais arrêter la location touristique de courte durée. Je vais passer de la location au ‘bail mobilité’ de un à dix mois. C’est moins cher la nuit, mais on loue plus longtemps, donc je pense que ça doit revenir à peu près au même. Je trouve ça mieux, parce que je suis d’accord avec le fait qu’il y a maintenant beaucoup trop de locations de courte durée à Marseille et ce n’est pas super agréable pour la vie de quartier, même pour les voisins. » Les propriétaires qui ne respectent pas la limite des 90 jours par an risquent 15 000 euros d’amende.