Par
Marie Pomme
Publié le
3 janv. 2026 à 10h02
Au cirque Pinder, de retour cette année à Paris, on n’entend plus le rugissement des lions ni le pas lourd des éléphants. Finis les animaux sous le chapiteau. En 2021, une loi visant à lutter contre la maltraitance animale a décidé que l’utilisation d’animaux sauvages dans les établissements itinérants serait interdite à partir du 1er décembre 2028. Mais même s’il reste sept ans pour se mettre en règle, au cirque Pinder, on prend de l’avance et le nouveau spectacle réserve son lot de surprises.
Un public moins émerveillé par les animaux
« On s’était rendu compte que l’appétence des gens pour les animaux diminuait et je pense que l’image s’essoufflait un petit peu », constate Alexandre Edelstein, nouveau patron du cirque et petit-fils du patriarche. En témoignent, partout en France, les messages relayés par les associations dédiées au bien-être animal. « On avait une cinquantaine de lions, tigres, éléphants, chevaux, chameaux… », énumère-t-il. Dès 2018, tous ont été transmis à des zoos ou à des refuges en France et à travers le monde.
🎪 Le #cirque Pinder est de retour à Paris après presque dix ans d’absence. Au programme : des spectacles de drones, de motos, et autres, pendant 2h. Le chapiteau accueille 2400 visiteurs à chaque représentation. Le spectacle se joue depuis le 6 decembre et jusqu’au 25 janvier. #spectacle #loisirs #pinder #sinformersurtiktok
Difficile, pour lui qui a grandi au milieu de ces animaux. « Avant, du temps de mon grand-père, pour les gens, voir un lion, c’était vraiment exceptionnel. Maintenant, il y a les réseaux sociaux, les gens voyagent davantage donc ça n’a plus le même effet », remarque-t-il. Pour autant, il admet la nécessité de se renouveler. « Ce qui me faisait mal au cœur, ce n’était pas de produire un spectacle sans animaux, c’était de ne plus voir Pinder sur les routes. »
Réinventer des numéros plus spectaculaires
Et le public est plutôt conquis. Myriam, venue avec une amie, explique avoir déjà vu des spectacles avec animaux, et elle se dit un peu dubitative concernant leur traitement. « Je trouve ça bien qu’il n’y ait plus d’animaux parce que ce n’est pas forcément une vie pour eux d’être traînés dans des cabanes, des huttes avec des grilles », estime-t-elle. « C’est bien qu’ils soient dans la nature et que nous, on n’ait que des humains qui inventent des choses ».
Et ce n’est pas peu dire puisque pour remplacer le spectacle qui était offert pas les animaux, il a fallu innover. « Le cirque existe depuis 1854, c’était un challenge, mais c’est dans notre ADN de nous renouveler pour surprendre », martèle Alexandre Edelstein.

Le globe moto est l’un des temps forts du spectacle. Plusieurs motos entrent dans la structure en acier dans un ballet millimétré. (©MP/actuParis)
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Homme canon, triple saut périlleux et motos à gogo
Au programme de ce Pinder 2.0, on trouve, parmi d’autres, des représentations de drones, l’homme canon, un globe de motos et un impressionnant numéro de trapèze, avec un triple saut périlleux ; le tout, assuré par des circassiens de quatorze nationalités différentes. « Le but du cirque, c’est d’émerveiller les gens. Et finalement l’effet le waouw provoqué par l’entrée de l’éléphant, maintenant on l’a avec le trapèze par exemple », se réjouit-il.
Certains pourtant, dans le public, devront s’habituer. C’est le cas d’Evanson, venu spécialement pour les fêtes avec sa compagne et leurs enfants. « Un cirque sans animaux, ça fait quand même bizarre », trouve-t-il. « Les animaux ramenaient une autre chaleur ». Pour autant, il apprécie le spectacle. « Et puis les enfants s’amusent, ils adorent, c’est le principal ».
Pratique
Pelouse de Reuilly. Le spectacle se joue jusqu’au 25 janvier.
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