Par Jason
Mathurin

Publié le 03 Jan 2026 à
09:07

Retraites à +0,9 %, CSG sur
l’épargne en hausse, MaPrimeRénov’ à l’arrêt : faites le point sur
ce qui change vraiment pour votre budget 2026.

Entre revalorisation des retraites, gel de
certaines pensions et nouvelles règles pour l’épargne, le début de
l’année 2026 va clairement se voir sur le relevé de compte des
ménages. Beaucoup de mesures s’appliquent à partir du 1er janvier,
mais leurs effets concrets n’apparaîtront vraiment qu’après les
premiers virements et prélèvements de janvier.

À partir des décisions déjà votées, on peut tracer les grandes
lignes de ce qui change pour vos primes, aides
sociales, retraite et impôts. Entre petits coups
de pouce et mauvaises surprises, l’enjeu est de savoir à quoi vous
attendre pour ajuster votre budget dès les premiers jours de
2026.

Retraites et aides sociales : revalorisations limitées, gel
Agirc-Arrco

Pour le régime général, la pension de base augmente de 0,9 % au
1ᵉʳ janvier 2026, après +2,2 % en 2025. Cette hausse plus faible
tient au ralentissement de l’inflation et résulte des calculs de la
Commission des comptes de la Sécurité sociale. Un temps envisagé,
le gel des pensions a été écarté à l’Assemblée le 13 novembre 2025.
Les minima sociaux échappent eux aussi au gel : l’ASPA atteint 1
012 € par mois pour une personne seule et 1 571 € pour un couple,
l’AAH 1 042 € maximum.

Côté complémentaires, les pensions Agirc-Arrco ne seront pas
revalorisées en 2026, faute d’accord entre partenaires sociaux. La
hausse sera donc de 0 %, ce qui réduit le pouvoir d’achat des
retraités du privé : pour une pension totale de 1 400 €, la perte
est estimée à environ 11 € par mois, soit près de 136 € sur
l’année. En toile de fond, le Plafond annuel de la Sécurité sociale
progresse de 2 % pour atteindre 48 060 € en 2026, soit 4 005 € par
mois, base de calcul pour de nombreuses prestations.

Impôts, épargne et fiscalité des seniors : ce qui bouge en
2026

Sur le plan fiscal, les députés ont maintenu l’abattement de 10
% sur les retraites le 13 novembre 2025. Cette décision évite à des
millions de retraités une hausse d’impôt ; sans lui, nombre de
foyers modestes auraient basculé dans une tranche supérieure. Cap
Retraite souligne aussi la revalorisation de 1,1 % des seuils
d’exonération et de dégrèvement de taxe foncière, avec une
réduction d’environ 100 € pour certains propriétaires de 65 à 74
ans modestes et une exonération possible pour les plus de 75 ans
sous conditions de revenus.

La fiscalité de l’épargne évolue avec une hausse de la CSG de
9,2 % à 10,6 % sur les revenus du capital (dividendes, livrets
bancaires non réglementés, comptes à terme, comptes-titres, PEA).
Les produits réglementés défiscalisés comme le Livret A, le LEP, le
LDDS, le livret jeune, ainsi que les PEP, CEL, PEL, assurance-vie,
PER et revenus fonciers restent à l’écart de cette hausse. En
parallèle, la montée du PASS gonfle les plafonds de déduction sur
les versements volontaires dans un plan d’épargne retraite :
jusqu’à 88 911 € pour les non-salariés et 37 680 € pour les
salariés et fonctionnaires. Service Public signale enfin que les
règles de déclaration des dons d’argent entre particuliers évoluent
dès janvier 2026.

Primes, travail, logement et transports
: les autres coups de pouce… et les freins

Au travail, le SMIC est revalorisé de 1,18 % au
1ᵉʳ janvier 2026, pour atteindre 12,02 € brut de l’heure et un
salaire mensuel brut de 1 823,03 €, soit un net autour de 1 443,11
€. Les stagiaires voient leur gratification minimale passer de 4,35
à 4,50 € de l’heure, l’équivalent de 15 % du plafond horaire de la
Sécurité sociale. Dans l’entreprise, le CSE ne peut plus imposer
une ancienneté de six mois pour accéder aux aides sociales et
culturelles, une condition jugée discriminatoire. Les parents, eux,
bénéficieront d’un nouveau congé de naissance de 1 ou 2 mois, mieux
indemnisé que le congé parental actuel, avec une prise en charge
annoncée à 70 % du salaire net le premier mois puis 60 % le
second.

Sur le logement, le calcul du DPE change : le coefficient de
conversion de l’électricité passe de 2,3 à 1,9, ce qui améliore la
note des logements chauffés à l’électricité. Aucun bien ne verra
son DPE baisser et environ 850 000 logements sortiront des classes
F ou G. Les frais d’agence locative seront désormais indexés sur
l’indice de référence des loyers, en utilisant pour 2026 l’IRL du
3ᵉ trimestre 2025 (145,77). Côté voiture, certains véhicules
d’occasion auparavant exonérés (liés à une carte mobilité inclusion
invalidité, à un statut de diplomate ou à des raisons familiales)
pourront être soumis au malus écologique lors d’une revente ou d’un
changement de carte grise, avec un montant qui diminue avec
l’ancienneté. Enfin, malgré les rumeurs, la gratuité totale des
transports en commun n’est pas à l’ordre du jour : « À ce jour,
aucune disposition légale ou réglementaire n’est envisagée en ce
sens », a indiqué le ministère des Transports cité par Mes
Allocs.