À deux pas de l’Arc de Triomphe, sur l’avenue Victor Hugo, avec
sa mythique façade en mosaïque turquoise, le restaurant Prunier,
inscrit au titre des monuments historiques en 1989, fait partie de
ces tables qui ont valeur d’institution. Depuis sa création en
1924, l’adresse s’impose comme l’un des fleurons de la gastronomie
française, tout en incarnant un certain art de vivre à la
parisienne. Véritablement iconique, le lieu a vu défiler de
nombreuses personnalités, notamment à l’époque où Pierre Bergé et
Yves Saint Laurent en étaient propriétaires, mais aussi une
succession de fins gourmets et de chefs chevronnés. Certains s’en
souviennent également comme décor culte de plusieurs scènes du film
La Grande Vadrouille avec Louis de Funès.
S’il n’a jamais réellement perdu de sa superbe, difficile pour
une maison centenaire de traverser les décennies sans montrer
quelques signes du temps. Pour rester en phase avec son époque et
séduire une nouvelle génération de gastronomes, la belle endormie
avait sans doute besoin d’un léger réveil. Redonner de l’éclat à
une table emblématique sans la dénaturer est un exercice délicat,
auquel le restaurateur Benjamin Patou aime se
frotter. Après Lapérouse et Lafayette’s, et désormais associé à
Antoine Arnault, il a orchestré la rénovation de
Prunier, dévoilée cet automne. Pour réenchanter les lieux, il a
fait appel au décorateur Lázaro Rosa-Violán, qui s’est affairé à
renforcer
le glamour de l’adresse tout en la rendant plus sexy tout en
subtilité.

© Matthieu
Salvaing
Le
restaurant Prunier a été racheté par Lapérouse Holding, le groupe
appartenant à Benjamin Patou et Antoine Arnault.
Prunier s »offre un lifting réussi
Il ne s’agissait pas de partir d’une page blanche, la salle
bénéficiait déjà d’un décor fastueux hérité de l’Art déco, avec son
escalier magistral, ses moulures, ses fresques murales et son grand
comptoir en marbre en demi-cercle à l’entrée. L’idée était plutôt
de rafraîchir les lieux et de feutrer davantage l’atmosphère.
Ainsi, les sols se sont vus rhabiller d’une élégante moquette aux
motifs marins signée Dinès Paris, tandis que les murs se parent
désormais de papiers peints Philipp Jeffries. Le mobilier a
également été changé dans cette optique. Des tables, plus basses et
plus rapprochées, pour favoriser la convivialité, tandis que les
anciennes chaises en bois ont cédé leur place à de confortables
fauteuils en velours.
La vaisselle se personnalise avec des assiettes ornées de
l’esturgeon emblématique de la maison, dessinées par l’artiste Zoé
Rumeau. La lumière se fait plus douce. À l’étage, l’espace dévoile
de charmants salons intimistes, propices aux dîners. L’ambiance
toujours aussi raffinée se révèle une facette plus détendue et
conviviale, portée par un service qui demeure quant à lui attentif
et chaleureux.

© Thibaud
Georges
Le décor
du restaurant a été rafraîchi par le décorateur Lázaro
Rosa-Violán.

© Matthieu
Salvaing
Le lieu
se veut plus glamour et chaleureux.
Réjouissances de caviar et de délices
iodés
La mer constitue l’essence même de la Maison Prunier, réputée
pour ses caviars français d’exception et ses fruits de mer d’une
qualité irréprochable. Fidèle à la devise d’Émile Prunier, fils du
fondateur, la carte célèbre naturellement « tout ce qui vient
de la mer ». Sous la direction du chef barcelonais Romain
Fornell, elle s’autorise toutefois quelques touches
contemporaines. Les grands classiques demeurent, à l’image du
mythique « Œuf Christian Dior ». Bien sûr, le caviar (Baeri, Osciètre
ou Beluga) issu des propres fermes de la maison en Aquitaine, se
décline dans toutes ses expressions, des plus traditionnelles aux
plus créatives : sur blinis, toasts de brioche, œufs brouillés,
pomme de terre ou spaghetti.

© Thibaud
Georges
Le
caviar Prunier s’invite dans une pomme de terre.
Les amateurs de produits marins se laisseront également séduire
par des huîtres fraîches, des poissons grillés remarquables et une
farandole de spécialités iodées : saumon fumé, tartare de daurade,
nuggets de lotte, salade de king crab, salpicon de homard, œufs de
poisson, poutargue et taramas. Et pour conclure en beauté,
impossible de passer à côté de la sublime glace à la pistache de
Sicile, accompagnée d’un somptueux sabayon au chocolat maison. Le
tout à déguster entouré du gratin parisien et international. Les
personnalités continuent de s’y presser : de Kendall Jenner à
Cristina Cordula, en passant par Paris Hilton ou Jeanne Damas…
- 16 Av. Victor Hugo, 75116 Paris

© Thibaud
Georges
Les
spaghetti s’agrémentent d’œufs de saumon.