Ours, Pierre et Alain Souchon sont les invités exceptionnels du Monde d’Elodie, tout cette semaine, à l’occasion de la sortie de leur album, « Studio Saint-Germain ». Épisode 5 : « À quoi tu penses ? ».
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Publié le 02/01/2026 11:28
Temps de lecture : 5min

Pierre Souchon, Alain Souchon et Ours, à La Rochelle, en juillet 2024. (THIBAUD MORITZ / AFP)
La famille Souchon a accueilli les Français dans leur foyer depuis les débuts d’Alain Souchon dans le monde de la chanson française. Ce qui touche, et c’est encore plus le cas aujourd’hui, c’est l’accessibilité du père, certes, mais aussi des fils Pierre et Charles, alias Ours.
franceinfo : Comment est-elle venue l’idée de vous retrouver sur scène tous les trois ?
Alain Souchon : Je leur ai demandé. Pour moi, c’était extrêmement agréable d’être avec mes deux gars, mais en même temps, ils ont chacun leur route. Alors donc, on en a parlé, je ne voulais pas que ça embête le travail de Pierre et le travail de Charles qui sont des choses très différentes, mais ils ont dit que ça allait les amuser.
Ours : Ça ne s’est pas fait comme ça tout de suite. D’abord, on nous a invités pour deux ou trois événements, comme des concerts caritatifs et puis on l’a refait comme pour donner un coup de main. Après, on nous a proposé de faire cette tournée et on a dit, non. À un moment, on a eu un déclic, ça a fait son chemin et on s’est dit en même temps, qu’on allait mettre de côté un peu nos histoires de carrière. On est très complices dans la vie, alors pourquoi ne pas le faire vraiment ? À un moment, on s’est dit, « Faisons-le ! Je crois qu’on regrettera de ne pas l’avoir fait. »
J’ai l’impression qu’à travers cette tournée, vous avez vraiment trouvé chacun la place exacte où vous vous sentez le mieux ensemble et tout seul.
Pierre Souchon : Bien sûr, la vie avance et forcément, on prend un peu d’expérience et on prend du recul sur soi. Parfois, on a envie d’être très devant, je parle pour moi. Au début, j’étais dans des groupes et puis j’ai fait le chanteur un peu et je me suis dit peut-être que ma place était un peu plus derrière. Là, notre place, elle est très établie, elle est très simple, on est admiratifs du travail de notre père et on est très heureux de jouer ses chansons et surtout d’en faire révéler certaines aussi.
« On a décidé d’interpréter des chansons qu’il n’avait pas chantées depuis longtemps ou des chansons dites d’album. »
Pierre Souchon
à franceinfo
Vous savez, on met des chansons à la radio, mais il y en a dix autres dans l’album et on avait à cœur qu’il les interprète parce que ce sont des chansons qui ont une émotion particulière et qui sont encore très actuelles pour la plupart.
Je voudrais qu’on parle de À quoi tu penses ? C’est un titre très fort dans lequel on entend, « Les chansons consolent ». La force d’une chanson, c’est de pouvoir consoler ?
Ours : Avant de partir en tournée, on s’est dit que ce serait sympa de faire une chanson originale. Maintenant, ce n’est pas évident de faire une chanson à trois parce que tout simplement, on n’a pas envie de dire les mêmes choses. Alors on a trouvé cette formule pour le refrain, « à quoi tu penses ? »
Pierre Souchon : L’idée, c’était de se poser une question, ça permettait un rebond et un échange.
Ours : À quoi tu penses en ce moment, c’est un peu, où tu en es, toi, dans ta vie en ce moment. À quoi tu penses ? Qu’est-ce que t’as dans la tête ? Ça nous permettait de rebasculer chacun dans notre couplet, donc ça fait une chanson un petit peu déconstruite. Ce qui est marrant, c’est que chaque couplet a son intimité. Le premier couplet, c’est mon père qui raconte un peu là où il en est dans sa vie.
Alain Souchon : « Est-ce qu’un jour, c’est fini ? Fini la comédie ? Chanter après minuit place de la mairie. Les premières rumbas la nuit, dernier tango à Paris. Est-ce qu’un jour, c’est fini, fini ? »
Ours : Dans le deuxième couplet, je parle du couple et mon frère dans ce troisième couplet, il parle un peu de ses désillusions. Ça nous a permis cette formule d’avoir un peu comme un bâton de relais et de basculer chacun dans notre couplet, comme des rappeurs. On a chacun pris notre couplet, on a écrit notre propre couplet et donc c’est ce qui a permis de garder une intimité.
La force des chansons de cette famille, c’est de proposer systématiquement à l’auditeur de devenir acteur de la chanson et de s’approprier les chansons.
Pierre Souchon : Je ne suis pas un spécialiste parce que je n’ai pas fait de chansons qui ont marqué comme ça. Mais une chanson, ça peut être en effet un repère, quelque chose de très rassurant. On a des souvenirs, par exemple, quand mon père était souvent absent, ma mère invitait des amis à elle et ils écoutaient du Randy Newman, cet artiste qu’on adore, avec sa voix particulière. Quand je l’écoute, ça me replonge instantanément et c’est la force des chansons. Il y a quelque chose de rassurant, comme un meuble qui fait partie de notre enfance et on est content de le retrouver. Après, on ne fait pas une chanson en se disant, que les gens doivent se l’approprier. C’est la force de la chanson qui fait qu’il y a plusieurs lectures et les gens veulent se l’approprier ou non, ça ne se décide pas. Mais en tout cas, une chanson peut en effet être un baume au cœur et un repère qui rassure.