Publié le
2 janv. 2026 à 12h28
; mis à jour le 2 janv. 2026 à 13h41
Le botaniste et biologiste Francis Hallé est décédé ce mercredi 31 décembre à 23h, à son domicile de Montpellier, où il vivait, entouré de sa famille, a annoncé ce vendredi 2 janvier l’association Francis Hallé pour la forêt primaire, citant ses proches. Né le 15 avril 1938 à Seine-Port (Seine-et-Marne), il était une figure majeure de l’écologie et de la botanique, reconnu internationalement pour ses travaux sur les arbres et les forêts tropicales.
Un riche parcours
Le parcours scientifique de Francis Hallé a été marqué par deux grands axes de recherche : l’écologie des forêts tropicales et l’architecture de leurs arbres. Après des études universitaires à Paris, à la Sorbonne, il a mené une carrière académique à l’international, enseignant notamment aux universités d’Orsay, de Brazzaville et de Kinshasa, avant de devenir professeur de botanique à l’Université de Montpellier, où il a exercé de 1971 à 1999.
Spécialiste reconnu des arbres et des forêts tropicales, il était également membre correspondant du Muséum national d’histoire naturelle de Paris.
Le « radeau des cimes », une révolution scientifique
Francis Hallé est particulièrement connu pour avoir contribué à l’invention du « radeau des cimes », un dispositif inédit permettant d’explorer la canopée, cette zone située au sommet des forêts tropicales, longtemps inaccessible aux chercheurs. Grâce à cette innovation, il a conduit, durant plusieurs décennies, des missions scientifiques sur différents massifs forestiers à travers le monde.
Selon l’association Francis Hallé pour la forêt primaire, cette invention a permis « des recherches approfondies sur la canopée et l’incroyable biodiversité qu’elle recèle ».
Vidéos : en ce moment sur ActuUn passeur de savoir
Auteur de nombreux ouvrages de référence et de vulgarisation, Francis Hallé a toujours cherché à transmettre ses connaissances au-delà du cercle académique. Parmi ses publications majeures figurent Éloge de la plante (1999), Plaidoyer pour l’arbre (2005), La Condition tropicale (2010), Il était une forêt (2013) ou encore Plaidoyer pour la forêt tropicale (2014).
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« Passeur d’émerveillement infatigable », selon l’association, il a consacré sa vie à attirer l’attention sur « la profonde beauté des plantes » et à rappeler « l’humilité nécessaire face à l’incroyable complexité du vivant ». Son dernier ouvrage, La Beauté du vivant, publié en 2024, résonne aujourd’hui comme un aboutissement de cette démarche.
Le projet d’une forêt primaire en Europe
Jusqu’à la fin de sa vie, Francis Hallé est resté engagé dans un projet de long terme : la renaissance d’un massif de forêt primaire en Europe de l’Ouest. Ce projet est aujourd’hui porté par l’association qui porte son nom.
« Il nous a toujours dit, avec une grande clarté, qu’il ne serait pas au “pot d’ouverture” de la forêt primaire », rappelle l’association, soulignant que ce projet s’est imposé comme « l’une des grandes idées à l’agenda d’une transition écologique digne de ce nom ».
Un homme chaleureux, attaché à la vie simple
Au-delà du scientifique, l’association évoque « un humain chaleureux, engagé, direct et sincère », passionné par les arbres mais aussi par la navigation à voile, la musique et la vie simple. Les pensées de ses proches vont aujourd’hui « à son épouse Odile, qui l’a toujours accompagné dans ses voyages, à sa famille et à ses innombrables amis de par le monde ».
« Les graines ont été semées », conclut l’association, affirmant sa détermination à poursuivre son action « en l’honneur de ce grand explorateur du vivant ».
Un hommage de Michaël Delafosse
Sur X, le maire de Montpellier lui a ce matin rendu un hommage, annonçant que la Ville dénommera un espace à sa mémoire.
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