l’essentiel
Les Toulousains, qui menaient de 11 unités à 13 minutes du terme, sont passés proches d’un gros coup à Aimé-Giral. Score final : 30-27. Néanmoins, la défaite de Pau à Lyon leur permet de conserver leur place de leaders à l’issue de cette 14e journée de Top 14, samedi 3 janvier 2026.
Faute d’avoir réussi à montrer son meilleur jeu, le Stade Toulousain aurait pu présenter ses meilleurs vœux avec un succès pour débuter l’année. Il lui a tendu les bras, avant de s’envoler dans le dernier quart d’heure. Comme à Bayonne et Pau en octobre, les « rouge et noir » ont dilapidé leur avance (27-16 après une pénalité de Gourgues, 67) après s’être délités face à la furia de Catalans pas vraiment convaincants mais diablement vaillants.

Sous les yeux de Roumat et Saito, les Perpignanais exultent après avoir renversé une situation mal embarquée.
AFP – VALENTINE CHAPUIS
Les supporters catalans se faisaient une joie de recevoir une formation stadiste remaniée. Les plus confiants d’entre eux parlaient même du turnover opéré par le staff comme d’un « cadeau de Noël » quand d’autres avaient conscience que les Usapistes étaient malgré tout capables de ne pas savoir l’ouvrir. Car malgré des entames de mi-temps complètement manquées par les visiteurs, le présent enrubanné de rouge et de noir a longtemps semblé empoisonné. Ce ne sont que l’énergie du désespoir et le manque de poigne adverse dans le money time qui ont permis aux derniers de la classe de tout renverser. Et de se payer, en même temps qu’un deuxième succès de rang à Aimé-Giral, un sacré bol de confiance pour poursuivre le duel avec Montauban, désormais 14e et qui débarquera justement dans trois semaines après l’intermède européen.
L’apport du banc catalan
De leur côté, les Toulousains vont désormais basculer vers la Champions Cup avec un goût amer et le sentiment d’être passés à côté d’un sacré coup, même si l’état d’esprit affiché par la jeune garde satisfaisait pleinement le staff. Elle avait eu besoin d’une grosse vingtaine de minutes pour se mettre dans le bain. Perturbée par l’énorme intensité mise par les Catalans dans les zones d’affrontement – elles ont souvent ressemblé à un champ de foire – avec un Velarte impérial au grattage, pas toujours à l’aise dans sa redistribution et manquant de discernement offensif avec une poignée de ballons jetés à la hâte au contact, elle a été trop facilement menée. Deux pénalités « cadeau » (6, 9), une passe d’Elias interceptée et parfaitement exploitée par un coup de pied de De la Fuente dans le dos de la défense stadiste avec Granell à la conclusion : la lanterne rouge usapiste semblait sur les bons rails (0-11, 11).
Seulement, cette Usap malade restait fragile et peinait à dissimuler sa fébrilité. Et alors que le manque de patrons s’est parfois fait ressentir dans la conduite du jeu « rouge et noir », les Toulousains ont repris peu à peu la main sur le match. Se recentrant sur les bases, avec des ballons portés performants et une possession retrouvée, guidés par des Graou, Costes et Thomas électriques dans la ligne malgré un déchet certain dans les offloads, ils ont peu à peu investi le camp adverse. Thomas a permis de grignoter l’écart après une grosse séquence des siens (17), avant que Bertrand en force (35), et Gourgues après une belle action de jeu dans la défense (39), ne donnent un premier avantage significatif aux leurs à la pause (21-11).
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Il aurait pu être encore plus important sans un excès de gourmandise devant l’en-but de Théo Ntamack qui oubliait de servir Gourgues (31), et ainsi prémunir les Toulousains d’un retour adverse.
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De nouveau mangés dans les rucks après la pause, ils sont passés au travers lors du début du second acte, où l’Usap est revenue (16-21, 44) en même temps qu’elle a intensifié la pression sur les contests. Malheureusement, les deux pénalités ajoutées par Gourgues (57, 67) n’ont pas permis de contenir les assauts de locaux portés par un banc aussi puissant qu’expérimenté (Ruiz, Yato, Oviedo). Yato est allé trop facilement derrière la ligne (70) tandis que le ballon lâché par Costes à Duguivalu (74) a précipité la chute des Toulousains, punis par Oviedo en suivant (75). Encourageant, certes, mais vraiment rageant.