Par

Anne-Sophie Hourdeaux

Publié le

3 janv. 2026 à 16h05

Le majestueux et impressionnant Opéra de Lille (Nord), dont beaucoup hésitent à franchir les portes, s’externalise. Il offre des représentations partout dans la région. Du 8 janvier au 10 février 2026, dans 12 lieux des Hauts-de-France, se donne un spectacle immersif. Un petit opéra (1 h 15) dont la musique est écrite par Béla Bartók (le seul opéra du compositeur hongrois). Il met en musique une histoire mondialement connue. Le conte cruel de Perrault qui confronte Barbe bleue le féminicide et sa dernière épouse, appelée ici Judith, devant le mystère des portes fermées.

Monstre ou homme mourant de solitude ?

Chaque armoire, chaque porte ouverte, débouche sur… rien. La prise de conscience de la solitude. Confidences rapportées par celles et ceux qui n’ont vu personne de la journée ; qui n’ont pas de visites mêmes des plus proches, personnes âgées qui ne recevront aucun coup de téléphone pour les fêtes…

Les « sons de la solitude », le sous-titre de l’opéra, sont ceux qui sortent de chacune des armoires. Et si Barbe-Bleue, loin d’être un monstre sanguinaire, n’était qu’un pauvre homme mourant de sa solitude ? Et si son château, comme le logis de tant de nos contemporains, était à la fois un lieu protecteur, et en même temps une prison : un lieu d’enfermement ?

Judith, l’amoureuse de Barbe Bleue qui a tout quitté pour le suivre, tente de le forcer à ouvrir les portes et les fenêtres sur le monde en lui arrachant les clefs, l’une après l’autre.

Un bref opéra qui ne fait pas l’impasse de la magie sans cesse renouvelée des voix qui s’élèvent à côté des spectateurs. D’entendre des solistes si semblables à nous-mêmes, et qui pourtant, chantant ici dans nos oreilles, laissent partir des sons qui semblent irréels.

Où et quand ?

À Santes, espace Agora, jeudi 8 janvier, à 20 h ; à Péronne-en-Mélantois, salle des fêtes samedi 10 janvier à 19 h ; à Roubaix, salle Watremez, vendredi 16 janvier ; à Radinghem-en-Weppes, au pôle culturel André Malraux mardi 27 janvier à 20 h ; à La chapelle d’Armentières, espace Nelson Mandela, jeudi 29 janvier à 20 h ; à Wattignies, centre culturel Robert Delafosse, samedi 31 janvier à 18 h ; à Roncq, l’Atrium, jeudi 5 février à 20 h. Gratuit (sauf Chapelle d’Armentières 5 €) grâce au dispositif métropolitain des « belles sorties ».

Et aussi, à Desvres, salle Raymond Dufour, mercredi 14 janvier à 20 h ; à Marquise, complexe Capoolco, dimanche 18 janvier à 17 h ; à Estaires, salle Georges Ficheux, jeudi 22 janvier à 20 h ; à Jeumont, gare numérique, samedi 7 février à 19 h ; à Beauvais, Théâtre du Beauvaisis, mardi 10 février à 17 h. Réservations auprès de chacune des structures.

Un opéra immersif accessible à tous

Dans une petite jauge (une centaine de personnes), est proposée une expérience inédite, sur un plateau d’opéra où il se trouve à côté de la soprano qui paraît chanter pour lui. Qui permet aussi de regarder par dessus l’épaule des musiciens, la manière dont ils suivent la partition. Autour d’une toute petite formation musicale : deux chanteurs, une soprano et une basse ; cinq musiciens pour quatre instruments, un violon, un violoncelle, une contrebasse et un piano pour quatre mains. On ne se lasse pas de regarder longuement les deux pianistes et voir leurs mains se croiser sur le clavier, sans aucune dysharmonie.

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S’incrire

Les spectateurs sont là, non importuns. Le metteur en scène, Jeffrey Döring, les a autorisés à toucher les armoires, les costumes, le décor-château en plastique qui ne tarde pas à être démoli. Présents sur scène, ils sont priés de ne pas prendre de précaution supplémentaire, les artistes devant se mouvoir au milieu d’eux.

Jean-Michel Stievenard

Agenda complet, tarifs et réservations disponibles en ligne sur le site officiel de l’Opéra de Lille.

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