De janvier à décembre, Mathieu Dupé a fait chauffer le plancher des vélodromes. Du Championnat de France à Loudéac au Track Cycling Challenge à Granges, le sociétaire de Mayenne-V and B-Monbana a multiplié les allers-retours entre la route et la piste. Et en Suisse, il a affronté d’autres routiers comme Lewis Askey qu’il a devancé dans le scratch (il se classe 2e). Dans l’Omnium, il termine 4e, alors qu’il était encore 3e avant la course aux points finale mais le Champion du Monde du scratch, Moritz Augenstein, a remonté dix places dans cette dernière manche. Il a d’ailleurs bien conscience qu’il doit devenir un peu plus routier pour encaisser le choc. « Je suis un de ceux qui bornent le moins. L’an prochain, je dois prendre de la caisse ».

Le coureur de 21 ans répond à toutes les sélections en équipe de France depuis douze mois et le nouveau cycle olympique, à l’exception du Championnat d’Europe Elite. « Je suis le programme que la fédération me propose. Le projet olympique m’intéresse. Je suis un coureur de poursuite par équipes, c’est là où je performe le mieux mais je veux aussi montrer que je suis fort sur un Omnium ou un scratch grâce à ma pointe de vitesse », dit-il à DirectVelo. S’il est démarreur dans le quatuor tricolore, le Champion de France de poursuite et du scratch Juniors 2022 veut montrer sa polyvalence. « J’ai déjà été en deuxième et troisième positions au Championnat d’Europe Espoirs. L’objectif est d’être le plus utile possible pour l’équipe ».

« J’AI PU MONTRER QUE JE SUIS FIABLE »

Sous le maillot bleu, il a parcouru le monde, à Konya (Turquie) pour la seule manche de Coupe des Nations, Anadia (Portugal) pour le Championnat d’Europe Espoirs, Santiago du Chili pour le Championnat du Monde. Pour des « résultats pas toujours significatifs. Je suis un peu triste de ne pas être monté sur un podium. En Coupe des Nations, il y avait une forte concurrence et nous finissons 4e, avec un temps de 3’48 ». Au Championnat d’Europe, nous terminons encore 4e, rappelle-t-il. J’ai pu montrer que je suis fiable et présent sur les objectifs qu’on me fixe ».

Pour le troisième hiver, il s’est retrouvé aux Six Jours de Gand de l’Avenir. Il formait une paire avec Lucas Menanteau, « une personne en or, calme, posé, il écoute, il ne s’énerve jamais », apprécie Mathieu Dupé. Dans la cuvette de Gand, il a pu travailler  « la technique. Tout va très vite, les virages, les relais, cela demande de la prise de décision ». Sur le 49×15, il a pu aussi « travailler la surcadence. Au Championnat du Monde, j’avais 65×15 pour le scratch ». Une fois leur course finie, les deux écureuils français s’asseyaient pour regarder la course des grands. « C’est bien pour apprendre à courir. Benjamin Thomas se loupe rarement », observe-t-il. Au final, la paire Dupé-Menanteau termine 3e en Belgique.

« LES CHOSES SÉRIEUSES VONT COMMENCER »

Mi-décembre, il a donc disputé le Grand Prix de Granges, « quatre courses UCI C1 le premier jour ». Dans l’Américaine (6e), le vainqueur de la 1ère étape du Tour du Pays de Lesneven a retrouvé son coéquipier lavallois, Erwan Besnier, lui aussi bien investi sur la piste cette saison. « Nous aurons à cœur de briller dans l’Américaine au Championnat de France en janvier ».

Avant les fêtes, il a fait un détour par le vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines pour un dernier stage. « Nous avons travaillé l’aérodynamisme, j’ai passé des tests de musculation, des tests de départ ». Si le Championnat de France à Bourges n’est pas le grand objectif de la saison, Mathieu Dupé va préparer d’autres grands rendez-vous. « Le Championnat d’Europe, les Coupes du Monde et le Championnat du Monde. Les choses sérieuses vont commencer en vue des Jeux ». La course à la qualification va débuter à Shangai.