En ce début 2026, de plus en plus d’utilisateurs veulent tourner
la page de
WhatsApp
, lassés de la mainmise des géants américains et
inquiets pour leurs données comme pour le climat. Une messagerie
bretonne commence à faire parler d’elle.

Développée à Rennes et hébergée en Europe,
Treebal se présente comme l’alternative
française à WhatsApp
, gratuite pour le grand public et
chiffrée de bout en bout. Les messages disparaissent après sept
jours et une partie des bénéfices finance la reforestation. Reste
une question : les Français accepteront-ils vraiment de changer
d’application.

Treebal, l’alternative bretonne à WhatsApp qui plante des
forêts

Derrière l’application, le trio rennais emmené par David Godest
et Samuel Le Port a choisi le statut d’entreprise à mission, avec
50 % des bénéfices fléchés vers des projets de reforestation. Pour
résumer cette philosophie, David Godest, co-fondateur de Treebal,
cité par
Les Numériques
, explique : « L’objectif est de faire prendre
conscience aux utilisateurs qu’ils peuvent simplement et sans
effort avoir un usage responsable du numérique qui, contrairement
aux idées reçues, pollue énormément. »

Cette architecture a été pensée pour durer moins : là où
WhatsApp accumule photos et historiques, Treebal limite les données
stockées sur ses serveurs. Les messages restent chiffrés de bout en
bout et auto-supprimés au bout de sept jours, dans une logique
d’éco-conception assumée.

Confidentialité et souveraineté : ce que propose Treebal face
aux GAFAM

Dans un climat de défiance croissante envers les GAFAM, Treebal
joue la carte d’une messagerie éthique qui ne revend pas les
données. « C’est la seule alternative à ce qu’on appelle les GAFAM
et sans compromettre la confidentialité et les données des
utilisateurs. Il faut revenir à un numérique au service de
l’humain, c’est vraiment important. On ne va donc pas exploiter les
données de ces personnes qui nous font confiance. Dans les tribus
(l’équivalent des groupes sur WhatsApp), votre numéro de téléphone
ou vos données personnelles ne sont pas visibles des autres donc
vous ne serez pas embêté par quelqu’un qui va voler votre numéro de
téléphone ou qui va vous démarcher. », détaille Samuel Le Port, PDG
de Treebal, sur
France Bleu
.

« La base, c’est de faire des choses qui sont utiles et éthiques
en réduisant l’impact carbone, » explique encore Samuel Le Port. « Ce
modèle économique n’est pas basé sur la captation des données. Il
n’y a pas d’algorithmes qui alimentent plein de machines, de data
centers qui vont évidemment aggraver l’impact environnemental. Nous
ne contribuons pas à ça. » L’application reste gratuite pour les
particuliers, sans publicité ni revente de données, avec un
hébergement en Europe.

Tarifs et croissance de Treebal

« C’est au maximum 2 euros par utilisateur et par mois, sur
lequel on reverse 10% sur des projets sociaux et environnementaux
qui font sens pour l’utilisateur. Ça peut être l’association
locale, un ESAT, etc. », précise Samuel Le Port.

« Aujourd’hui, on a une vraie accélération. On est arrivé à
100.000 utilisateurs très récemment. Depuis janvier, on en a 200 en
moyenne par jour. C’est assez incroyable, », se réjouit Samuel Le
Port. Une base encore modeste face aux mastodontes américains, mais
qui progresse chaque jour sur smartphones français.