L’intention qui compte

Car la confiance et ses vases communicants nivellent aussi les valeurs. Si le 12e a croqué le dauphin, ses 14 incursions en zone de marque auraient dû lui permettre d’en faire un festin. Au lieu de ça, le LOU lui a laissé les miettes et le gain d’un bonus défensif presque inespéré. À cinq minutes du terme, sur le seul vrai temps fort béarnais de la seconde période.

Les ballons portés qui l’avaient tant fait souffert ont finalement ranimé une Section parvenue à ne pas enrayer trop brutalement la dynamique qui la portait (cinq victoires consécutives). Un essai d’Isa pour se l’offrir, une énième séquence défensive pour ficeler le paquet. L’intention qui compte, comptablement. Au bout d’un match âprement dominé par des Lyonnais bien supérieurs dans les duels, sur terre comme dans les airs. Dans toutes ses dimensions, en somme, si l’on excepte la touche. « Elle nous a maintenus à flot en 2e mi-temps, c’est évident », convient le technicien.

Auradou survole les débats

À ce jeu-là, Hugo Auradou est toujours imprenable : ses trois contres dans ses 22 m (47e, 61e, 64e), ont alimenté une frustration lyonnaise nourrie par huit incursions en zone de marque sur le premier acte, pour seulement deux essais inscrits (12-10 à la pause). Pau n’en menait pas large, et Lyon aurait dû largement mener considérant sa surpuissance axiale, et son emprise dans le secteur où Pau impressionne le plus. « Autant on a globalement été capables de dominer le jeu aérien sur les 13 premières journées, autant on a plutôt été très dominés sur le jeu aérien aujourd’hui », constate Piqueronies.

Si le technicien estime que cette happy-end « n’est pas tout à fait méritée », Pau est aussi allé se la chercher au prix de « quelques bonnes séquences défensives » relevées par son manager. Logique, considérant ce rapport de force à sens unique. « Globalement, les Lyonnais avaient choisi d’agresser farouchement la ligne d’avantage. Je nous ai trouvés mobilisés, en face. On a bouché des espaces même si on l’aurait évité en étant beaucoup plus secs et durs sur le premier plaquage. » Offensivement, le bilan est en revanche moins flatteur. « On a tellement eu peu de possession qu’il est difficile de faire un constat. » Pau se consolera certainement, en réalisant qu’il n’a pas non plus tout perdu sans jamais vraiment entreprendre.