MONTRÉAL — Les réactions ont commencé à se faire entendre après l’annonce de la capture du président Nicolás Maduro lors de frappes américaines au Venezuela.
Le premier ministre britannique, Keir Starmer, a indiqué samedi matin sur son compte X que «la situation au Venezuela évolue rapidement» et qu’il souhaite établir tous les faits et en parler avec les pays alliés du Royaume-Uni.
«Notre ambassade à Caracas travaille pour s’assurer que tous les ressortissants britanniques au Venezuela sont soutenus», précise son gazouillis sur le réseau social.
Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a réagi en fin de journée samedi en disant que «le gouvernement canadien accueille favorablement l’opportunité qui s’offre au peuple vénézuélien d’accéder à la liberté, à la démocratie, à la paix et à la prospérité», dans une publication sur les réseaux sociaux.
«Fidèle à son engagement de longue date envers l’état de droit, la souveraineté et les droits de la personne, le Canada appelle toutes les parties à respecter le droit international. Nous soutenons le droit souverain du peuple vénézuélien de décider et de bâtir son propre avenir dans une société pacifique et démocratique», a écrit M. Carney.
Le premier ministre a rappelé que le Canada ne reconnaît pas le régime de Nicolás Maduro et que le pays est prêt à aider les Canadiens par le biais des agents consulaires de l’ambassade du Canada à Bogotá, en Colombie. M. Carney a indiqué que le Canada continuera de soutenir les réfugiés vénézuéliens.
Affaires mondiales Canada invitait les voyageurs canadiens à «éviter tout voyage» au Venezuela.
Plus tôt, la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, avait déclaré que le Canada demandait «à tous les partis de respecter le droit international et soutenait le peuple vénézuélien et son désir de vivre dans une société pacifique et démocratique».
Elle a toutefois rappelé que le Canada avait fermé son ambassade au Venezuela depuis 2019 et refusait de reconnaître la légitimité du gouvernement Maduro.
Le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, a félicité le président Trump sur les réseaux sociaux.
«Félicitations au président Trump pour l’arrestation du narcoterroriste et dictateur socialiste Nicolas Maduro, qui devrait finir ses jours en prison», a écrit M. Poilievre notamment sur Facebook et X.
«Le vainqueur légitime des dernières élections vénézuéliennes, Edmundo González, devrait prendre ses fonctions aux côtés de María Corina Machado, héroïne courageuse et porte-parole du peuple vénézuélien. Fini le socialisme. Vive la liberté», conclut le message du chef conservateur canadien.
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, juge «inquiétant que les États-Unis s’instituent en gendarme de ces principes au risque de faire fi du droit international, en particulier en recourant à la force militaire au péril de la vie de civils, et à la séquestration d’un chef d’État, même illégitime».
Même s’il concède que le régime mis en place au Venezuela par Nicolas Maduro défie les libertés fondamentales, l’intégrité et la démocratie, il a invité les États-Unis «à respecter la souveraineté des États et des peuples et à recourir aux instruments internationaux et multilatéraux, au premier chef l’Organisation des Nations Unies (ONU), pour disposer de la menace que pose le régime vénézuélien».
Du côté de la France, ce pays allié rappelle qu’aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l’extérieur et que les peuples souverains décident seuls de leur avenir.
«La multiplication des violations de ce principe par des nations investies de la responsabilité principale de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies aura de lourdes conséquences sur la sécurité du monde, qui n’épargneront personne», a déclaré le ministre des Affaires étrangères de la France, Jean Noël Barrot, sur son compte X.
Il souligne que la France «réitère son attachement à la Charte des Nations unies, qui doit continuer de guider l’action internationale des États, toujours et partout».
Le premier ministre espagnol Pedro Sánchez a, pour sa part, appelé à la «désescalade et à la responsabilité». Le droit international et les principes de la Charte des Nations Unies doivent être respectés, a écrit M. Sánchez sur X.
Une autre déclaration souligne que le ministère russe des Affaires étrangères était «extrêmement alarmé», appelant à une «clarification immédiate», sur la chaîne Telegram du ministère.
Pour la Russie, de telles actions, si elles étaient confirmées, constitueraient «une atteinte inacceptable à la souveraineté d’un État indépendant», selon la déclaration du ministère russe des Affaires étrangères .
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Avec des informations de The Associated Press.