l’essentiel
Mathieu Wiart a ouvert il y a un an la première cave sans alcool de Toulouse, place Occitane. Il propose une large gamme de softs – vins, bières, cocktails et spiritueux – qui a trouvé sa clientèle, sur un créneau en pleine expansion.

Qu’est ce qui vous a donné envie d’ouvrir la cave sans alcool Soft & Curious à Toulouse ?

Lorsque j’étais responsable de bar sur des gros festivals, il y a environ 7 ans, j’ai découvert une bière sans alcool que j’ai trouvée très bonne. Ça m’a sauvé la saison parce que quand on travaille l’été avec des horaires énormes, si en plus on boit, on est mort ! J’y suis donc venu par praticité au début. Ça m’a ouvert la porte du « Ca y est, il y a du sans alcool de qualité ». Avant ça, tout le monde l’a vécu, quand on voulait faire une pause sans alcool, c’était un peu la punition. Puis il y a trois ans, la première cave sans alcool a ouvert en France. J’étais attiré par le concept, j’ai constaté qu’il n’y a rien de tel à Toulouse, et je me suis lancé, avec l’aide de ma femme. On a pensé qu’il y avait un potentiel, parce qu’on est au début de quelque chose.

Et alors, le business du sans-alcool fonctionne ?

Complètement, on a trouvé votre clientèle. Et on développe notre activité, en installant des corners chez d’autres cavistes ou dans des épiceries. Chez nos clients, il y a une ouverture d’esprit qui est très agréable. Ça démarre autour de la quarantaine, quand on commence à avoir envie d’être un peu plus sage. Ça va jusqu’aux retraités, qui veulent essayer des choses nouvelles, mais aussi à tous ceux qui se sentent fatigués après un repas bien arrosé. Quelqu’un qui est sous antibiotiques, ou qui a prévu de conduire ce soir-là, les femmes enceintes, évidemment, les musulmans, les personnes sous traitement lourd.

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Comment expliquez-vous cet engouement ?

Le goût est là, maintenant. Ce n’est plus vécu comme un sacrifice, on n’est plus obligé de se contenter d’un jus de fruits ou d’un soda, il y a plein de nouvelles choses à découvrir. Pour moi, ce n’est pas une mode, je pense que les gens vont faire les deux. Boire de l’alcool quand ils veulent ou peuvent, et avoir plein d’autres options en softs quand ils ne veulent pas.

Et le Dry January, ça vous inspire quoi ?

Le Dry January, c’est un mois ou on travaille beaucoup, et où on a une clientèle différente de l’habituelle, qui relève un défi temporaire. Je pense que ça montre qu’on peut passer à autre chose, et en profiter pour découvrir les nouvelles boissons existantes. Ça amène vers de nouveaux terrains.

Soft & Curious, 12 place Occitane, à Toulouse. Tél. 07 55 62 32 07. Ouvert du mardi au samedi.