Les États-Unis ont mené un raid afin d’arrêter et d’exfiltrer le président vénézuélien, Nicolas Maduro, samedi, en bafouant le droit international.
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Publié le 03/01/2026 22:59
Temps de lecture : 3min

Une manifestation contre l’opération militaire américaine au Venezuela a rassemblé plus de 2 000 personnes à Paris, le 3 janvier 2026. (YOAN VALAT / EPA)
Une opération militaire largement critiquée, y compris en France. Plus de 2 000 personnes se sont rassemblées, samedi 3 janvier, à Paris, place de la République, pour dénoncer l’opération américaine au Venezuela qui a conduit à la capture du président Nicolas Maduro, à l’appel de la France insoumise et du Parti communiste. Les critiques les plus virulentes de cette intervention américaine émanent de la gauche, qui s’est dite scandalisée par la prise de parole d’Emmanuel Macron. « Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolas Maduro et ne peut que s’en réjouir », a réagi le président de la République en appelant à « une transition pacifique ». Dans le cortège parisien, de nombreux ressortissants d’Amérique du Sud sont venus apporter leur soutien au peuple vénézuélien.
Au milieu des drapeaux vénézuéliens et de ceux des partis et mouvements de gauche, se trouve aussi celui,colombien, de Maria, scandalisée par cette attaque américaine. « C’est pour exprimer notre révolte, notre rage. On n’est pas d’accord avec l’invasion de Trump au Venezuela. Et c’est toujours la même chose, ce sont les plus grands qui ont le pouvoir et nous, on a seulement le droit de se taire », regrette-t-elle.
Alba est émue aux larmes au moment d’évoquer les événements de la journée : « Je suis Colombienne, mais le Venezuela, c’est notre patrie aussi. Ça fait des années et des années que nous essayons de construire une autre démocratie et on voit que tout ça, ça part par la volonté d’un vrai dictateur. »
Au cours de la manifestation, Jean-Luc Mélenchon, ainsi que plusieurs cadres et députés insoumis apparaissent à la tribune. Le leader fustige l’offensive de Donald Trump, signe selon lui d’un impérialisme d’un autre temps. « Aucun prétexte n’autorise une nation à envahir son voisin, et encore moins s’il prétend le faire pour y régler les problèmes qui s’y trouvent », déclare-t-il.
Harald écoute attentivement et opine du chef. Il a fait un crochet par la place de la République avant de prendre son train pour rentrer à Nantes et, pour lui, il ne faut surtout pas banaliser cette attaque américaine. « À partir du moment où les États-Unis peuvent se permettre d’arriver dans un pays, de destituer comme ça, un peu comme ils avaient fait en Irak… Et on le voit aussi avec la Chine face à Taïwan, en fait, partout, il y a des énormes points de tension. Et si tout le monde pouvait se permettre, comme ça, de juste envahir pour ses intérêts, il n’y a plus de limites », souligne-t-il.
« On sait bien que tout ça, c’est pour le pétrole, ce n’est pas pour autre chose, ce n’est pas pour le peuple vénézuélien. Donald Trump, il s’en fout. »
Hugo, manifestant
à franceinfo
Dans le cortège, peu de personnes évoquent le régime de Nicolas Maduro, sauf Hugo qui le dit sans détour : « Il n’y a pas de souci pour dire que c’est un dictateur, clairement, je ne pense pas qu’il ait respecté le résultat des dernières élections. Mais ce n’est pas comme ça qu’on traite avec les nations, on ne les envahit pas, on ne les bombarde pas, on ne capture pas le président. Dans ce cas-là, on pourrait faire ça avec toutes les dictatures, on n’en a pas fini et ça ne va pas régler les problèmes. » Dans un rapport de 2024, Amnesty International avait aussi recensé, au Vénézuela, des emprisonnements arbitraires de civils et d’opposants politiques ainsi que des tortures et des disparitions forcées.