Des centaines de Parisiens se sont rassemblées après un appel de nombreux partis politiques et collectifs de gauche, dont La France insoumise, à manifester en soutien au peuple vénézuélien «contre l’agression de Trump».

Quelques heures seulement après l’opération américaine d’exfiltration et de capture de Nicolás Maduro à Caracas, des Français ont manifesté leur colère à Paris. Trois manifestants, positionnés en hauteur sur le piédestal de la statue de la place de la République, ont brûlé un drapeau des États-Unis. Sur les vidéos de cette scène qui circulent sur les réseaux sociaux, on peut voir que deux des trois individus ont le visage masqué et la tête recouverte d’une casquette ou d’une capuche. Le troisième, à visage découvert, filme le bout de tissu prendre feu.

En contrebas, des centaines de personnes applaudissent et émettent des cris de victoire. Parmi les drapeaux vénézuéliens brandis par la foule, celui de la Palestine. Ces Parisiens se sont rassemblés après un appel lancé par de nombreux partis politiques et collectifs de gauche, dont La France insoumise, à manifester en soutien au peuple vénézuélien «contre l’agression de Trump». Le Parti communiste a également relayé un appel à manifester pour dire «stop à l’agression impérialiste contre le Venezuela».


Passer la publicité

Parmi les organisateurs du rassemblement, on retrouve aussi le Collectif international pour la paix au Venezuela, l’organisation d’extrême gauche Révolution Permanente, le NPA, le mouvement L’Après ainsi que la coalition «Guerre à la guerre» qui regroupe des organisations comme Attac, Les Soulèvements de la terre, l’Action Antifasciste Paris Banlieue, l’Assemblée féministe Paris Banlieue, la Marche des solidarités ou encore des collectifs propalestiniens, rapporte Actu Paris.

«La lutte contre le narcotrafic n’est qu’un prétexte»

Historiquement proches du régime chaviste au Venezuela et souvent critiqués par leurs adversaires pour leur soutien au président Nicolás Maduro, les responsables de la France insoumise ont été les premiers à réagir sur les réseaux sociaux en France après l’annonce de sa capture par les États-Unis, condamnant unanimement cette opération américaine.

Sur place parmi les manifestants, Jean-Luc Mélenchon a pris la parole devant la presse. Le leader de La France insoumise a dénoncé l’intervention des Américains au Venezuela. «Nous entrons dans une nouvelle phase dramatique de l’histoire de notre monde. Celle où les États-Unis d’Amérique, avec leurs habitudes impériales les plus détestables, interviennent sur leurs voisins et menacent tous les autres. C’est une fois de plus le pétrole qui est la cause réelle de cette intervention», a-t-il déclaré sur un ton grave.

Pour Jean-Luc Mélenchon, «la lutte contre le narcotrafic n’est qu’un prétexte» utilisé par Donald Trump. «Il est clair que c’est une sorte de main mise qu’opèrent les États-Unis d’Amérique sur la ressource qui fonde leur puissance. Et rien d’autre. Donc, du pur impérialisme», a-t-il ajouté alors que se tiennent à ses côtés Mathilde Panot et Sophia Chikirou notamment.

«Le retour immédiat de Maduro»

L’ancien député LFI a même estimé qu’«il faut, sans barguigner, exiger la libération et le retour immédiat de Nicolás Maduro, libre au Venezuela. Ainsi, bien sûr, que son épouse». Face à ces propos, un journaliste a interpellé Jean-Luc Mélenchon : «Vous dites que vous souhaitez que Nicolás Maduro revienne au Venezuela. Est-ce que vous souhaitez qu’il revienne au pouvoir ?», demande ensuite un journaliste.


Passer la publicité

«Je crois que je n’ai aucune partie à cette affaire. Mais ce qui ne sera jamais normal, monsieur, c’est qu’on ne se soucie pas d’abord de protester contre les enlèvements, parce que ça s’appelle un enlèvement cette fois-ci», a répondu Jean-Luc Mélenchon, sans vaciller. Et d’ajouter : «Nous n’acceptons pas, nous, Français, que l’Empire décide d’enlever un chef d’État à un endroit et son épouse, le mette en prison et se serve de ce prétexte pour annexer les ressources nationales d’un pays.»