Une semaine après sa défaite à Clermont (34-19), le club girondin était une nouvelle fois sous pression. Et cela s’est senti dans le froid glacial. Distancé dans la course au top 2, il n’avait pas le droit à l’erreur. Et comme face à Toulon (46-7), ici même, quinze jours plus tôt, il a décroché un nouveau succès bonifié (9 essais à 2) qui lui permet de se relancer à l’entame de cette phase retour. Et de grignoter un peu son retard sur le duo de tête puisque Toulouse a chuté à Perpignan (30-27) et la Section Paloise s’est inclinée à Lyon (22-17).

Première période brouillonne

Ces efforts seront à répéter sur la durée pour les Bordelais qui comptent désormais 8 points de retard sur la 2e place. Mais chaque chose en son temps. Remis sur les rails en Top 14, le champion d’Europe en titre va maintenant pouvoir basculer sereinement sur les grandes retrouvailles avec Northampton en Champions Cup (dimanche prochain à 16 h 15) sur une compétition qui lui permet de mieux exprimer son jeu sur 80 minutes.

Car sur ces matchs d’hiver de championnat, l’UBB met du temps à trouver le rythme. Ce samedi face au Racing 92, l’état d’esprit était bien meilleur que sous le brouillard de Clermont. Mais les Bordelais ont longtemps été freinés par leurs imprécisions. Ils ont eu bien du mal à poser la main sur le ballon en première période : notamment à cause de fautes de main et une mêlée qui a tangué (pénalisée 2 fois). Laissé au repos le week-end précédent, Jalibert a tenté d’électriser les débats. Il servait Moefana qui slalomait dans la défense avant de servir Penaud à l’intérieur pour le premier essai (7-0, 7e). Mais les Racingmen faisaient front et revenaient sur un drop et une pénalité de Seunes (7-3, 15e puis 7-6, 26e).

Penaud récupérait le renvoi et permettait à l’UBB de s’installer dans les 22 mètres franciliens. Après un gros travail des avants, Jalibert prenait l’intervalle pour inscrire le deuxième essai (12-6, 29e). Lucu tapait la transformation sur le poteau après avoir déjà manqué une pénalité (23e). Les Bordelais restaient sous pression et sur une pénaltouche, Hugues inscrivait en force le premier essai du Racing (12-13, 36e), avant que Lucu ne règle la mire pour permettre à son équipe de mener de deux points à la mi-temps (15-13).

L’essai refusé comme un déclic

Les Bordelais avaient bien du mal à revenir des vestiaires. Ils encaissaient un deuxième essai signé James (15-20, 43e) et passaient tout proches de la correctionnelle sur la percée de Tuisova, avant qu’Habosi ne plonge dans l’en-but. Mais l’essai du Racing était refusé à la vidéo car Escobar était coupable d’un déblayage à la tête sur Lamothe qui lui valait un carton jaune (46e). Cette grosse frayeur sonnait comme un déclic pour l’UBB qui renversait enfin la vapeur.

Pour son premier match de Top 14, Du Preez sonnait la charge (52e). Et quelques minutes plus tard, Cazeaux s’arrachait pour inscrire le troisième essai girondin (22-20, 55e). Jalibert déclenchait une nouvelle offensive, avant que Penaud ne tape à suivre pour lui-même et ne signe un doublé (29-20, 57e). Sur une passe sautée de Jalibert, Woki signait le cinquième essai, synonyme du bonus (34-20, 61e). L’UBB continuait de dérouler avec les doublés de Depoortere (41-20, 65e puis 48-20, 70e) et Bielle-Biarrey (55-20, 73e puis 62-20, 77e). Chaban pouvait exulter.