À Caracas, la capitale du Venezuela, un calme tendu régnait ce samedi 3 janvier, tandis que les citoyens assimilaient les événements de la matinée, lorsque les forces américaines ont lancé une opération ordonnée par le président Donald Trump pour capturer le président vénézuélien Nicolás Maduro et son son épouse, Cilia Flores.
Durant la nuit, de nombreux habitants de Caracas et d’autres régions du pays étaient désemparés face à la situation ; certains envisageaient la possibilité d’un « coup d’État autoproclamé ». C’est dire s’ils attendaient avec impatience la conférence de presse de Donald Trump, qui s’est tenue à midi (heure locale).
L’homme fort de Washington a expliqué que Maduro avait été arrêté, suite à son inculpation aux États-Unis pour des crimes présumés liés au trafic de drogue et au terrorisme. Il a également confirmé que le couple présidentiel serait transféré à New York « pour être jugé par la justice américaine ».
« Nous allons gouverner le pays jusqu’à ce que nous puissions mener à bien une transition pacifique, légitime et judicieuse. », a-t-il ajouté. Le président républicain a également affirmé qu’il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à accéder aux champs de pétrole vénézuéliens et à les exploiter.
« Un avenir incertain »
« Après avoir entendu les déclarations de Trump, je suis reconnaissant qu’ils aient réussi à capturer Maduro sans faire de victime. C’était une opération impressionnante, comme ils (Donald Trump et les officiels américains qui ont pris la parole, NDLR) l’ont décrite lors de la conférence de presse. Ils savaient même à quel moment il se trouvait avec ses animaux de compagnie. Leur travail de renseignement est incroyable, tout comme l’étendue des moyens dont disposent les États-Unis », a déclaré Lamarve León, une mère au foyer de 42 ans.
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Cependant, elle estime que l’avenir est « incertain ». « Cela me laisse un sentiment mitigé, d’autant plus qu’il reste dans le pays des partisans de Maduro qui refusent de céder le pouvoir ». Trump a d’ailleurs averti que, si nécessaire, les forces américaines étaient prêtes à lancer une seconde vague d’attaques, « bien plus importante », pour empêcher le cercle restreint de Maduro de continuer à gouverner.
León a été frappé par la déclaration de Trump concernant sa prise de contrôle du Venezuela jusqu’à la transition. « Si j’ai bien compris, cela n’est pas prévu par notre Constitution, donc je pense qu’ils devront négocier avec le gouvernement. Et j’espère que cela se produira ; je garde espoir », ajoute-t-il.
Le jeune homme est sorti tôt ce matin, dans les rues de Sucre, dans la banlieue de Caracas, à la recherche de nourriture et d’eau. L’approvisionnement en eau potable est interrompu dans plusieurs zones depuis quelques jours. Les supermarchés et les magasins de son quartier n’avaient pas tous rouvert générant de longues files d’attente devant les établissements qui avaient ouvert leurs portes.
Autre immeuble, autre ambiance
« Nous sommes indignés ; nous estimons que notre droit à la souveraineté a été bafoué. Nous dénonçons devant le monde entier l’infamie dont notre président, Nicolás Maduro, a été victime, et qu’on a tenté de stigmatiser en l’accusant de crimes qu’il n’a pas commis », déclare de son côté Vanessa Salazar. Cette dentiste de 46 ans appartient aux Unités de combat Bolívar Chávez (UBCH), une structure politique affiliée au Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV).
En début d’après-midi, Mme Salazar a reçu un message WhatsApp l’invitant à se joindre à un rassemblement devant le palais présidentiel de Miraflores, en plein centre de Caracas, en soutien à Maduro. Elle se souviendra longtemps de l’odeur de poudre qui a envahi les rues de son quartier, Santa Mónica, non loin de la base militaire de Fuerte Tiuna, bombardée dans la nuit. « Notre président est séquestré », martèle-t-elle.
Capturer Maduro était une mission complexe pour l’administration Trump. La réconciliation des deux Venezuela risque d’être plus délicate encore.