La France a pour la deuxième année consécutive battu son record d’exportation d’électricité l’an dernier. Elle enregistre un solde exportateur net de 92,3 térawattheure (TWh) en 2025, a annoncé vendredi le gestionnaire du réseau à haute tension RTE.

« Le précédent record de 2002 (76 TWh) n’a été dépassé qu’en 2024 », avec 89 TWh d’exportations, souligne Thomas Veyrenc, le directeur général économie, stratégie et finances de RTE sur LinkedIn. « On parle ici de volumes considérables : 92 TWh, c’est plus que la consommation annuelle d’un pays comme la Belgique », relève-t-il.

Selon des données provisoires transmises par RTE à l’AFP, la consommation d’électricité en France est restée stable en 2025, corrigée des aléas météorologiques et calendaires, à 449 TWh, toujours en deçà de son niveau des années 2010.

« Elle demeure inférieure, pour la troisième année consécutive, d’environ 6 % à ses niveaux de la période 2014-2019 : la consommation d’électricité du pays n’est donc pas alignée sur ses objectifs de décarbonation et de réindustrialisation », souligne RTE.

Une production qui n’a pas été bradée

La production d’électricité a elle légèrement progressé, de 1 % à 544 TWh, « son niveau moyen antérieur aux crises sanitaire et énergétique ». « Comme en 2024, (elle) a été produite à 95 % à partir de filières bas-carbone », c’est-à-dire nucléaire et renouvelables, indique le gestionnaire.

Les exportations se sont faites vers l’Italie, avec un solde de +22,6 TWh, l’Allemagne et la Belgique (+23,1 TWh), le Royaume-Uni (+22,6 TWh) et la Suisse (+20,1 TWh). Les échanges avec l’Espagne, dont la production électrique est majoritairement issue des énergies renouvelables, sont proches de l’équilibre (+0,2 TWh).

Selon Thomas Veyrenc, ces exportations « contribuent positivement à la balance commerciale de la France » et « génèrent plus de revenus que l’an passé ». Il ne donne pas de chiffre, mais l’an dernier, elles avaient atteint 5 milliards d’euros. « La production française n’a donc définitivement pas été ‘bradée’ en 2025 », souligne-t-il en plaidant une nouvelle fois pour « un plan d’électrification à la hauteur de nos ambitions de souveraineté ».