Voici une mini-série diffusée sur France
Télévisions et qui n’est pas sans évoquer une terrifiante histoire
vraie des années 2000.
Une histoire vraie peut être une source
précieuse pour le développement d’une série ou d »un
film. Qu’il s’agisse de faits historiques
ou encore de grands évènements qui ont défrayé l’actualité
récente, le public est toujours friand de se replonger
dans certaines histoires. Cependant, il ne s’agit pas toujours de
choses très gaies. C’est même régulièrement l’inverse.
Après une période de silence et de distance
souvent nécessaire (aussi liée à certains impératifs juridiques,
mais aussi psychologiques), le cinéma ou la télévision s’emparent
rapidement de faits qui ont marqué le collectif.
Crimes et affaires policières non résolues, de
même que les cas de
tueurs en série, sont des sujets particulièrement
efficaces. Il y a comme une fascination pour
l’obscur d’une histoire vraie, aussi horrible
soit-elle.
Une histoire vraie comme
inspiration
Comme une forme d’exorcisme, une production
peut aider à remettre en avant une affaire parfois un peu
oubliée, même si sa réalité est toujours présente pour les
personnes concernées. S’attaquer à une histoire vraie permet aussi
d’apporter certaines réponses ou de
clarifier des éléments qui, dans l’emballement
médiatique, ont pu passer inaperçus. Les séries de type
docu-fiction sont d’ailleurs un format très
populaire sur les plateformes de streaming.
Il est également possible d’utiliser l’histoire vraie
comme un socle, sans chercher à la raconter avec
précision. Ce qu’il en ressort est la véritable inspiration : les
sensations que cela a laissé, les
interrogations sur nos perceptions, sur le
fonctionnement des institutions et des constructions
sociales, etc. Ainsi, à travers une histoire fictionnelle,
on peut questionner des faits réels. C’est le cas
avec La Disparue de Compostelle, une
mini-série diffusée sur France 2 en fin d’année
2025 et dont plusieurs éléments évoquent la terrible affaire de la
disparition d’Estelle Mougins en 2003.
La garrigue comme décor
La disparue de Compostelle est composée de 4
épisodes de 52 minutes. On peut les retrouver en streaming
sur la plateforme de France Télévisions. Ce n’est pas une histoire
vraie. On y découvre une intrigue centrée autour d’une
disparition d’enfant. Jeanne
Nogarède, gendarme dans le petit village de
Saint-Guilhem-le-Désert
dans l’Hérault, se retrouve dans une enquête qui ne la laisse
pas indifférente. En effet, celle-ci décide, 5 ans après, de
rouvrir le dossier. Il s’agit de celui
d’Emma Vivian, la petite fille d’une amie de
l’héroïne, disparue en allant à l’école.
Histoire vraie, thriller et
intelligence artificielle
L’élément déclencheur de la réouverture de l’enquête est, dans
la série, la publication d’une vidéo générée par
Intelligence Artificielle. Celle-ci ne fait pas que
rouvrir une plaie qui hante Jeanne Nogarède et le
village. Elle fournit aussi un élément que seule une
personne impliquée dans l’affaire pourrait connaître. L’histoire
vraie, celle de l’affaire Estelle Mouzins a, elle
aussi, été marquée par l’usage
de l’IA. Cependant, les conséquences sont beaucoup plus
discutables.
Comme le partage un article de PureMedias/Ozap,
l’avocat de la famille d’Estelle Mouzins a qualifié la parution de
ces vidéos “d’odieuses et inquiétantes”. Contrairement à
la série, il ne s’agit aucunement d’éléments “utiles”. Ce sont
simplement des contenus destinés à générer des vues et des
clics. Ils surfent sur notre attrait pour le
morbide, quitte à en oublier les véritables humains
derrière… La série, quant à elle, a été saluée pour sa
qualité malgré quelques ficelles classiques du thriller.
Néanmoins, les personnages et l’intrigue sont
suffisamment bien menés pour tenir en
haleine. À vous de vous faire votre propre
avis…