Avec Chama, Soulfly signe un album bref, percutant et viscéral, porté par la dynamique entre Max Cavalera et son fils Zyon. Ce nouveau disque marque un retour affirmé aux racines tribales et à la brutalité originelle du groupe, dans une approche rythmique et sans concession.
Une flamme tribale ravivée
Treizième album de Soulfly, Chama est sorti le 24 octobre 2025 via Nuclear Blast. Enregistré en Arizona et coproduit par Zyon Cavalera et Arthur Rizk, il se distingue par sa brièveté nerveuse : dix morceaux pour 33 minutes, dominés par des percussions martelées et un chant rugueux. Ce format resserré illustre une volonté de retour à l’essentiel, comme l’a confié Max Cavalera : “Ce disque, c’est surtout une question d’attitude. Il a quelque chose de très punk” (Belgian Jasper).
Pour Max, Chama fait écho aux retrouvailles scéniques avec son frère Igor autour des premiers albums de Sepultura. Cette résurgence d’énergie se retrouve dans la fureur sonore de titres comme Nihilist, Storm The Gates ou Black Hole Scum.
Un projet familial et revendicatif
Zyon Cavalera occupe le poste de batteur depuis plus de dix ans, mais c’est sur cet album que son influence s’impose pleinement. Sa frappe tribale, omniprésente, façonne l’ossature de Chama. Il a également participé à l’écriture, Max ayant reconnu : “Écrire des paroles, c’est pénible… mais mes fils m’ont aidé. Certaines lignes étaient excellentes, j’ai adoré les chanter” (Rock Daydream Nation).
L’album témoigne aussi de l’attachement durable de Max Cavalera à ses racines brésiliennes. À travers des morceaux comme Indigenous Inquisition ou Favela / Dystopia, il évoque les luttes des peuples autochtones et la résistance des cultures menacées. Le titre Always Was, Always Will Be… fait probablement référence au slogan des peuples aborigènes d’Australie, prolongeant ainsi la ligne engagée de l’album.
La participation de Dino Cazares (Fear Factory) et Michael Amott (Arch Enemy) s’intègre sans heurts à l’esthétique brute de l’ensemble, plus proche de Nailbomb ou Go Ahead And Die que d’une production lissée.
Avec Chama, Soulfly refuse toute forme de compromis. Le groupe privilégie la tension, la répétition des rythmes tribaux et une écriture sans filtre. Comme le résume Max Cavalera dans le podcast RRBG : “L’âme, le cœur, la passion… ça, c’est humain”.