Victime d’une lésion de la syndesmose (une articulation située entre le tibia et le péroné) lors du match aller (reporté le 8 novembre) contre le RCT, le seconde ligne a d’abord porté une botte pendant une vingtaine de jours, sachant qu’il devrait attendre entre six et huit semaines avant de pouvoir rejouer. L’option longue a donc prévalu.
« C’est un joueur à part avec son physique, il est hyper professionnel mais son corps ne réagit pas comme les autres, développe ‘’ROG’’. Pour qu’il soit performant et en confiance, il faut que tout soit aligné. On a pris beaucoup de temps pour qu’il soit en bon état. Avec le froid cette semaine, on n’avait pas le droit de s’entraîner sur l’herbe et je ne voulais pas le faire s’entraîner sur le synthétique. » Will Skelton s’est malgré tout préparé du mieux possible pour ne pas rater ses retrouvailles avec Marcel-Deflandre, qui fête à cette occasion ses dix ans de guichets fermés en Top 14.
Un aller-retour « bizarre »
« Je veux m’assurer que je serai à 100 % quand je reviendrai », nous confiait-il le 2 décembre. C’est tout l’enjeu, tant la deuxième partie de son année 2025 a été saccadée, en témoigne le nombre de ses matchs en jaune et noir. « En Top 14, j’ai terminé la saison dernière à Pau, puis je suis parti en Australie pour affronter les Lions – quelque chose de spécial, j’étais très heureux. Le ‘’momentum’’ était bon, on m’a demandé de continuer à jouer avec la sélection (contre les Sud-Africains, en août, lors du Rugby Championship, NDLR) et d’allonger un peu plus ma saison… »
« Si je continue comme ça, des absences de six à huit semaines vont se répéter »
Et si « le club a été génial en me donnant du repos à la maison, pour que je reste frais mentalement », il a rapidement été rappelé par les Wallabies – après avoir repris contre Clermont le 13 septembre – pour affronter les All Blacks à Perth. Cet aller-retour était « bizarre, je n’avais jamais fait ça auparavant. Malheureusement, j’ai fait un KO. Les blessures arrivent, ça fait partie du rugby », souffle Will Skelton.
Il parle d’expérience. De retour en Top 14 le 2 novembre, après des vacances, il ne s’était pas entraîné avant la fin de la semaine pour la venue du Racing 92. « J’étais un peu rouillé, ça allait, même si je me suis fait mal à la cheville dès la première minute. Ensuite, je ne me suis pas entraîné non plus, mais je voulais vraiment jouer à Toulon. Ce n’était peut-être pas une bonne idée… Je dois vraiment m’assurer que mon corps est à 100 %, insiste-t-il. Parce que si je continue comme ça, des absences de six à huit semaines vont se répéter. »
« Traverser la planète pour jouer uniquement un match… Ce n’est peut-être pas le mieux »
Cela peut paraître paradoxal au regard des jours qui viennent de s’écouler, mais dans ce cas précis, les choses ont été soupesées. Et c’est exactement ce que souhaite Will Skelton, qui a découvert sur le tard les allers-retours club-sélection et hémisphères nord-sud, puisqu’il n’était pas éligible pour les Wallabies avant un changement de règle en 2021.
Le soutien d’O’Gara
« Je m’adapte. Jouer pour son pays est un grand honneur, j’ai toujours levé la main pour le faire. Mais on doit s’assurer qu’il y a un plan pour en ressortir le meilleur pour moi, répète-t-il. Si je dois enchaîner des matchs pour La Rochelle et l’Australie, je veux vraiment être certain que mon corps va bien et que ma famille est heureuse. Je sais exactement pourquoi je joue pour l’Australie. C’est parce que je joue bien pour mon club. Si je ne peux pas le faire, jouer pour mon pays n’est pas un sujet. »
C’est d’autant plus important que « j’apprécie vraiment le Stade Rochelais, la façon dont il me soutient. Il doit y avoir un équilibre et j’aime le fait qu’il y ait un dialogue ouvert » entre toutes les parties, relève le si solide stadiste. Il avait ainsi été laissé à la disposition des Maritimes par son sélectionneur pour le fameux déplacement à Toulon. « J’espère que la saison prochaine, nous pourrons planifier quels tests je pourrai jouer, ce qui sera le mieux pour moi. J’ai 33 ans, traverser la planète pour jouer uniquement un match… Ce n’est peut-être pas le mieux », juge le deuxième ligne.