Dans cette résidence du 14e arrondissement de Marseille les habitants ont été verbalisés pendant plusieurs années pour des véhicules mal garés. Ils ont porté plainte contre deux policiers, eux-mêmes résidants, soupçonnés d’en être les auteurs. Les amendes ont cessé, pas les saisies sur salaire.
C’est une résidence tout ce qu’il y a de plus ordinaire dans les quartiers nord de Marseille. Quelques immeubles, quelques parkings, mais pas suffisamment de places de stationnement pour tout le monde. Pour s’être garés « sans gêner » sur des emplacements non dédiés, plusieurs habitants ont été verbalisés, depuis 2021, parfois des dizaines de fois. Les riverains qui ont fini par porter plainte contre deux policiers, eux mêmes résidants, soupçonnés d’être tour à tour à l’origine de cette pluie de contraventions.
« Tous les mois, 1025 euros de saisie, parfois je n’arrive plus à remplir le frigo »
Depuis les dépôts de plainte, les amendes ont cessé, mais c’est loin d’être le bout du tunnel pour Halima, mère célibataire actuellement en accident du travail : « tous les mois, j’ai des saisies sur salaire de 1025 euros. Alors que j’ai contesté les amendes à 135 que ce policier me mettait jusqu’à 5 fois dans la semaine. Parfois je n’arrive plus à remplir le frigo ». Kamel, son voisin, a été verbalisé 5 fois. Il a déjà été prélevé du montant de ses contraventions : « le trésor public a ponctionné mon copte d’office. Mais moi je conteste ces amendes, elles étaient dressées à minuit ou une heure du matin, au sein même de la résidence, c’est illégal ».
« Verbalisée une seule fois, 1.500 euros de frais d’huissier »
Ces habitants en appellent désormais au procureur de la république de Marseille, seul, selon eux, habilité à faire cesser le recouvrement de ces contraventions. « Moi je n’ai été verbalisé qu’une fois, mais l’amende de 135 euros a été majorée à 475 euros, et ce sont des huissiers qui ont été chargés de récupérer l’argent. Je dois payer en plus 1.500 euros de frais d’huissier » proteste Djamila.
Des résidents qui nourrissent un sentiment d’injustice et qui entendent porter l’affaire devant les tribunaux : « Il faut qu’ils soient punis. Nous on est puni tous les jours. On ne se lève pas le matin et on ne travaille pas pour payer des amendes injustes » tonne Halima. « On va aller jusqu’au bout. Peut-être pas pour obtenir des dommages et intérêts mais au moins pour récupérer ce que l’on a perdu » poursuit Kamel.
Leur voeux pour 2026 : « que ça s’arrête »
Les victimes espèrent maintenant un procès et des sanctions disciplinaires pour les deux policiers qui sont, selon eux, les auteurs des contraventions abusives. Leur voeux pour cette année 2026 : « Que ça s’arrête ! Qu’on reçoive un joli courrier pour nous dire que c’est fini, qu’on nous rembourse, et qu’on passe à autre chose » conclue Djamila.
C’est au sein de cette résidence du 14e arrondissement de Marseille que plusieurs habitants auraient reçu des dizaines de contravention pour stationnement gênant © Radio France – Fabien LE DU