Kalvin Gourgues, 20 ans, n’avait jamais été aligné en 10 ni buté au niveau professionnel. Le Toulousain s’est acquitté de cette double tâche avec brio.

À trop être utilisé, le terme d’ovni a été banalisé dans le rugby moderne. Kalvin Gourgues appartient sans nul doute à cette catégorie. Le Toulousain est en tout cas un drôle de spécimen. Ugo Mola, qui en a vu de toutes les couleurs, le confirme. « Je pense que ce gamin est quand même un peu différent », a évoqué le technicien depuis Aimé-Giral.

Pour la première fois de sa jeune carrière, « ce gamin » de 20 ans, qui avait jusqu’alors été baladé du 15 au 12 en passant par le 13, a été aligné à l’ouverture et a assumé la charge du tir au but. Un double défi qu’il a relevé comme si de rien n’était : « Quand je le vois, malgré les vingt années de différence d’âge, aller défier un joueur expérimenté comme Urdapilleta sur son premier ballon, je trouve que ce n’est pas mal », sourit son manager. La suite a été tout aussi convaincante entre une belle présence au cœur du jeu, à l’image de son relais sur son essai, des inspirations balle en main, des interventions défensives salvatrices et un 100 % dans le jeu au pied. Il lui a manqué un soupçon d’alternance, peut-être, même il s’en est fallu de peu pour qu’il signe une passe au pied décisive à Teddy Thomas. Une offrande que Thomas Ramos n’aurait pas reniée.

« Il résiste à la pression »

Il y a d’ailleurs un peu de Ramos chez ce Gourgues dans son aisance naturelle et sa propension à sentir les coups – avec évidemment moins de maturité tactique, âge oblige, mais plus d’impact physique sûrement. Paul Graou, son associé à la charnière, poursuit le tressage de lauriers : « Kalvin est un grand joueur qui n’a pas besoin de beaucoup de temps pour s’adapter. Au-delà de toutes ses qualités, il résiste aussi à la pression et il l’a montré en mettant les points aux pieds. » On avait été tellement épaté par ses prestations au centre qu’on en avait oublié ce détail majeur : Kalvin Gourgues est un ouvreur de formation. Mais avec lui plus qu’avec tout autre joueur, le numéro n’est qu’un chiffre dans le dos. Ce que Fabien Galthié, constamment en quête de polyvalence, doit sans aucun doute apprécier.