En peignant depuis de nombreuses années des tableaux et des icônes représentant la Miséricorde divine, l’artiste polonaise Anna Janowiak-Markiewicz découvre sans cesse à quel point Dieu est présent et agit à travers elle. Elle raconte à Aleteia son parcours.
C’est peu dire que cette artiste peintre polonaise quadragénaire, Anna Janowiak-Markiewicz, se sent proche du message de sainte Faustine et habitée par la Miséricorde Divine qu’elle représente depuis l’adolescence sur ses nombreux tableaux et icônes, qui sont aujourd’hui des centaines à se trouver partout dans le monde. Anna Janowiak-Markiewicz aime peindre depuis son enfance. Ses œuvres ornaient déjà les couloirs de son école primaire puis secondaire, laissant présager que l’art pourrait devenir son mode de vie. C’est à l’âge de 14 ans qu’elle découvre le « Journal » de sœur Faustine, que sa grand-mère lui donne à lire. Elle est alors fascinée par le fait que Dieu aime chacun de nous si fort qu’il est prêt à pardonner tous nos péchés. Il suffit de le demander lors de la confession… Le « Journal » devient alors son livre de chevet et son guide de vie. À l’âge de 16 ans, elle peint son tout premier tableau du Christ Miséricordieux. Il est plus grand qu’elle et est exposé dans une église de Rybnik, ville située au sud de la Pologne, près de la frontière tchèque. « Dieu a fait preuve d’une miséricorde particulière car en tant que jeune peintre, le tableau n’était pas beau », confie pourtant modestement Anna.
Ukochanym obrazem Anny Markiewicz jest wizerunek Pana Jezusa Miłosiernego. Maluje go odkąd miała 16 lat.
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Plus d’une centaine de tableaux de la Miséricorde
La jeune femme poursuit pourtant sur sa lancée et plusieurs autres tableaux, « Jésus, j’ai confiance en Toi » lui sont commandés en Pologne puis à l’étranger. Parallèlement, Anna suit des études d’Art à l’université polonaise et rencontre Grégoire qu’elle épouse en 2003. Le couple va avoir deux filles, mais chacune de ses grossesses va apporter son lot de difficultés et d’angoisses. Ula, l’aînée, naît grande prématurée et sera très surveillée, et Anna doit rester alitée, puis hospitalisée, pour sa seconde grossesse à risque. Soutenue par son mari, sa famille et les sœurs dominicaines de Cracovie qui prient pour elle, Anna, qui s’est toujours sentie « accompagnée par Dieu », met finalement au monde Judka, née à terme, à la grande surprise du médecin. Aujourd’hui les deux jeunes femmes sont étudiantes et passionnées de peinture et de musique. Les années passent et Anna poursuit sa carrière de peintre, se lançant également dans l’écriture d’icônes, « Jésus, j’ai confiance en Toi », qui se retrouvent aujourd’hui partout dans le monde, des États-Unis au Kenya, en passant par l’Afrique du Sud. « Au total, j’en ai peint des centaines », dit-elle en souriant, « je suis devenue la peintre de la Miséricorde Divine ».

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Un atelier ouvert aux prières
En 2024, Anna fonde son propre atelier artistique « Le sourire dans le grenier », où, en plus de proposer ses tableaux, elle donne également du temps à ses clients, devenant parfois leur confidente. « En me demandant de peindre une icône, les clients me confient souvent leurs différentes intentions de prière. Je les confie alors à la Sainte Communion et, pendant que je travaille, je chante le chapelet de la Miséricorde Divine ou je récite le rosaire pour eux ». Par ces échanges, Anna est aussi bouleversée par les témoignages de foi qu’elle reçoit, comme cette maman qui lui est tellement reconnaissante d’avoir prié pour son fils, alors au bord du suicide et qui a soudainement retrouvé la paix de l’esprit…, ou ce couple en crise qui s’est réconcilié devant une icône et vient d’avoir un enfant. « Les gens m’ouvrent leur cœur, me confient leurs soucis, et je les remets au Seigneur », explique encore l’artiste. « Le Créateur a fait de moi une petite compagne dans leur détresse, et j’essaie de faire en sorte qu’ils aiment la volonté de Dieu ». Mais parfois les prières ne semblent pas exaucées sur terre, et il faut alors apprendre à se relever. « Dans de tels cas, il faut beaucoup d’humilité pour accepter que Dieu a un meilleur plan que le nôtre. D’autant plus qu’il s’accompagne de souffrances… Cela m’apprend aussi que les demandes exaucées par Dieu ne sont pas mon mérite », confie encore l’artiste.

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Être le crayon de Dieu
« Je me sens moi aussi comme un crayon sans couleur, c’est pourquoi, lorsque je peins, je prie toujours sincèrement pour que Dieu fasse ressortir de mon travail, pour l’instant invisible, ce qui est le plus important pour Lui. Et devenir ainsi son crayon », conclut joliment l’artiste peintre qui ajoute, confiante dans la Miséricorde de Dieu, « si je ne priais pas, ma peinture ne serait qu’une simple salissure sur la toile avec de la peinture. »