Publié le
4 janv. 2026 à 11h40
Le 22 décembre dernier, le parvis de l’hôtel de ville de Montpellier a servi de tribune improvisée. Samira Ameur, mère de trois enfants, y a pris place avec plusieurs associations. Depuis près de trois mois, elle dort sans solution stable et réclame un logement d’urgence.
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La mobilisation va se poursuivre. Ce mercredi 7 janvier 2026, à 14h, une manifestation statique et pacifique se tiendra sur le parvis de la mairie. Elle est organisée par l’association Les Harkis et la République, en partenariat avec l’Association Sécurité et Défense des Citoyens à Montpellier.
Une situation présentée comme strictement sociale
Les organisateurs insistent sur un point : la situation de Samira Ameur relève, selon eux, d’une urgence humaine et sociale. Ils rappellent que la condamnation de son ex-conjoint n’a aucun lien avec son absence de logement. « Elle n’est impliquée dans aucune affaire judiciaire. Son casier est vierge », affirme Nasser Nouali, président de l’association Les Harkis et la République. Pour lui, l’enjeu dépasse un cas individuel. « Je défends une fille de harki qui relève du droit commun. Rien de politique. » Il évoque une double peine : « Nos parents ont payé un lourd tribut pour la France. Aujourd’hui, on laisse une mère avec trois enfants à la rue. Si la République n’est pas capable de régler ça, je ne reconnais plus le pays. »
Il dénonce aussi un traitement médiatique qu’il juge diffamatoire. « On a sali cette femme. On a parlé de drogue, de trafic. Ça concerne son ex-mari, pas elle. Nous, on ne mélange pas le sacrifice de nos parents avec des affaires pénales. »
Vidéos : en ce moment sur ActuLa position du bailleur social
Face à cette mobilisation, le bailleur social ACM Habitat apporte une lecture différente. Son directeur, Alain Braun, tient à préciser le cadre et réfute le terme d’expulsion forcée. « Madame est partie d’elle-même en juillet. Un jugement lui ordonnait ensuite de quitter les lieux. » Il évoque un contexte lourd. « Le logement a servi de base à un trafic de stupéfiants. Des témoignages d’habitants ont fait état de troubles graves. Un jugement du 14 mai 2025 rappelle l’obligation d’un usage paisible du logement. » Selon lui, la locataire devait aussi répondre du comportement des personnes vivant sous son toit. Depuis son départ en juillet, Samira Ameur n’a pas retrouvé de logement et passe d’un hébergement précaire à un autre.
Le 7 janvier, un dépôt de gerbe est aussi prévu. Il rendra hommage aux harkis morts pour la France. Les organisateurs veulent rappeler leur attachement à la République et à ses valeurs. « Malgré l’abandon historique, nous restons fidèles », affirme Nasser Nouali. « Ce combat, c’est aussi celui de la dignité. »
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